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La peur d’aimer…

Il était là un soir d’hiver,
Debout à m’attendre arriver
Un doux sourire, des yeux verts pers
C’était tout ce que j’ai remarqué,
Assez pour sentir mon cœur oublier
De battre le temps d’un éclair!
Il était là à me raconter,
Plein de petites histoires légères.
Je regardais ses lèvres et je languissais.
Tu étais où tout ce temps passé?
Il riait de joie, et moi je souriais,
Il emplissait mon âme, m’enflammait.
Un petit prince, il l’était,
Lilou, je l’ai baptisé.
Il était rempli de zest et de vivacité,
Un charme fou à subjuguer.
« Tu es sensuelle au boutte »,
Il m’a chuchoté…
Et moi, par sa douceur, j’étais renversée.
Son intensité m’a dérangée,
Et ses bras étaient ce que je voulais.
Tomber en son amour était inévitable et vrai!
J’ai eu peur, j’ai paniqué
À cause des émotions que je ressentais.
Mon cœur, je l’ai refermé à double clé,
C’était le pire que j’ai fait.
Depuis, des semaines sont passées,
Mon cœur en peine est divisé.
Il me manque mais j’ai foiré.
Le seul que je veux à mes côtés,
Je l’ai laissé partir et là je vis avec ce regret.

Voyager léger? Impossible!

Qui n’aimerait pas voyager léger? Qui n’aimerait pas laisser derrière lui ses vieilles valises remplies de vieux souvenirs, de toute son histoire pour repartir plus léger, plus libre et plus serein? Qui ne souhaiterait n’avoir rien à déclarer en arrivant à destination? Moi, en tout cas, je choisirais cette option SI j’avais le choix.

La réalité est différente. On ne peut pas nous départir de notre vieux stock comme on veut. Il est attaché à nous et nous suit comme notre ombre. Il devient notre identité s’il nous gâche la vie des fois.

Dans ma valise, la peur a trouvé sa place. La peur d’échouer pour la énième fois dans une nouvelle relation amoureuse. J’ai perdu d’ailleurs la recette du bon fonctionnement des relations. Je me demande souvent comment font ceux qui sont en couple pour y demeurer.

Ma mémoire, devenue sélective avec le temps, n’a pas conservé la vidéo de mes 14 ans de marriage. Même si j’essaie d’extraire ces données de mon inconscient, je suis incapable de me rappeler comment notre couple avait survécu à l’époque. On a eu de beaux moments quand même et ce n’était pas tout le temps noir…

On dirait que mon cerveau a subi un formatting intense et a radié tout ce qui est en rapport avec cette tranche de ma vie.

Probablement que cette fonctionalité de notre cerveau a été exprès conçue pour nous aider à passer à travers une peine d’amour survenue ou à cause d’une séparation. Sinon, nous n’aurons jamais assez de courage pour entamer une nouvelle histoire. On est heureusement des créatures qui oublient. C’est notre instinct de survie qui s’active pour nous garder en vie.

Malgré qu’on oublie des faits, notre cœur lui il n’oublie jamais ce qu’il a ressenti au moment où ça s’est passé. Il garde en mémoire le goût amer des peines d’amour et reste décoré de cicatrices.

Avec le temps, on développe une certaine appréhension vis-à-vis l’engagement émotionnel. La peur d’échouer à nouveau. La peur de ne pas être assez aimée. La peur d’être remplacée. La peur d’être plan B ou une béquille ou encore un pansement. Et simplement la peur du rejet.

À cause de cette peur, on prend la fuite au lieu de lui faire face. Notre peur du rejet devrait être tansformée en désirs d’être en lien avec l’autre. Notre peur de foirer devrait être notre désir de bien faire.

En même temps, il faudrait que l’autre nous soutienne s’il tient un peu à nous. Et non de tourner le dos. Tout le monde, désormais, cherche ce qui est facile, sans trouble. Une boîte à conserve ou un plat congelé à consommer en deux bouchées quoi. Personne ne pardonne tes “gaffes” ni te donne une deuxième chance de démontrer que ça pourrait fonctionner. Non, allez, Next!!!

Est-ce que mes déceptions vont s’emparer de moi? Non. Malgré tout ce que je peux ressentir envers quelqu’un, ma peine ne dure que le temps d’une nuit. Je tourne la page et je passe à autre chose. Next please….plus de temps à perdre.

Peut-être qu’il y a un peu d’orgueil là-dans mais surtout une façon de gérer ma douleur. Je me mets à off et j’appuie sur delete. Je ne m’auto-torture plus comme je l’ai fait souvent dans ma vie.

Perdre un petit quelque chose de nous après chaque séparation, peine, deuil est normal. On ne peut pas demeurer les mêmes.

Comme je l’ai dit souvent, nous portons en nous l’empreinte de chaque personne qui a fait passage dans notre vie, quelqu’il soit court son passage.

On oublie les mots échangés, mais on n’oublie jamais comment on s’est sentis avec lui. On le garde à jamais au fond de notre âme.

« On peut oublier un visage mais on ne peut tout à fait effacer de sa mémoire la chaleur d’une émotion, la douceur d’un geste, le son d’une voix tendre. »TAHAR BENJELLOUN

Pourquoi « Mon coeur de saumon? »

On me demande depuis le lancement de ce blog, pourquoi j’ai choisi « Mon coeur de saumon » comme titre. Le saumon est un poisson connu pour nager à contre courant. Il risque sa vie et défie la loi de la gravité. Depuis ma tendre enfance, j’étais un petit saumon sauvage. Je suis née avec des gènes de rebelle. Je ne suis pas une « hors-la-loi », bien au contraire. Je démontre beaucoup de rigueur par rapport au respect de la loi et à son application. Mais dans ma vie de tous les jours, je vis selon mes convictions et mes principes, guidée par l’amour, la compassion et l’ouverture à l’autre.
Les injustices de toute sorte et couleur dans le monde me font rager.

Issue d’une culture assez conservatrice par rapport au rôle de la femme dans la société mais élevée dans une famille ouverte : un père médecin ayant fait ses études en médecine en France et une mère détentrice d’un bac en philosophie et en psychologie, donc j’ai été encouragée à aller toujours plus loin, à m’affirmer et À devenir ce que je suis aujourd’hui.

J’ai eu le choix depuis ma jeunesse d’aller dans le domaine d’études que je voulais, de voler de mes propres ailes sans contrainte, d’être moi-même. J’étais chanceuse par rapport à d’autres jeunes filles de mon âge qui n’ont pas eu la même ouverture du côté de leur famille.

Dans mon parcours, j’ai réalisé que la femme n’est pas juste une épouse et une mère. C’est un rôle important et essentiel mais elle a d’autres à jouer.

Au fil des années, j’ai réprimé le saumon en moi pour « me conformer » à la nouvelle famille, conservatrice et traditionnelle, dont j’ai fait partie par alliance. Ça ne m’a donné que de la frustration car je n’étais pas fidèle à mes principes. D’autre part, la famille n’était pas assez satisfaite de ma « performance ». Je n’étais pas assez compétente à leurs yeux en tant qu’épouse, ni digne du nom de leur fils.

Sans rentrer dans les détails ici, mon saumon a décidé de se réveiller et de retourner à la source, à sa vraie nature.

Depuis, j’ai repris les rennes de ma vie et c’est moi qui la dirige désormais. J’ai gardé dans mon cercle ceux qui me ressemblent et j’ai laissé aller ceux qui ne me ressemblent pas et plus!

Pour faire partie de mon cercle, c’est simple : ma devise est l’AMOUR. L’accepter et le donner c’est dans les conditions d’adhésion à mon « club ».

« Moi, je ne « tourne pas les pages », je déteste cette expression simpliste, je n’oublie rien, je ne zappe pas, je ne renouvelle pas ma vie comme si rien avant n’avait existé. Elle est un fil continu que je tisse, je ne gomme personne, je suis faite de tous mes souvenirs, de mes amours, je suis un patchwork vivant de moments de vie, je suis faite des autres, pour les autres, et chacun m’a construite ou meurtrie. Je ne tourne pas les pages, je les écris. »

Charlotte Valandrey

Une nouvelle réalité

Le mot « séparation » rime toujours avec l’expression « nouvelle réalité » mais ça ne veut pas nécessairement dire que c’est négatif, destructif et infranchissable. Tout dépend de comment on perçoit cet événement, comment on réagit avec ses conséquences et de quelle façon on établit nos attentes ainsi que nos priorités par rapport à cette nouvelle réalité.

La personnalité, la constitution psychologique, le bagage génétique et les expériences de la vie que l’on a jouent un rôle primordial dans le cheminement et le passage à travers les cinq étapes de la rupture :

  1. la dévastation;
  2. le sevrage;
  3. l’intériorisation;
  4. la rage;
  5. le relèvement.

Dans mon article, je ne parlerai pas de ces étapes mais chose est certaine, je suis à la dernière et c’est ce qui compte.
Pour beaucoup, dont moi personnellement, la séparation m’a permis de renaitre à nouveau. C’est l’équivalent d’une résurrection, d’une seconde chance où l’on fait les choses différemment, où l’on apprend de nos erreurs et de nos manquements des fois. Une deuxième chance pour vivre heureux selon de nouveaux standards.

Le plus difficile dans cette nouvelle réalité c’est notre séparation de nos propres enfants. Les deux parents ont le droit de vivre avec leur progéniture. Donc les couples qui optent pour la garde partagée ou exclusive doivent ré-apprendre à jouer leur nouveau rôle.
Après bientôt un an de séparation, je trouve encore très difficile de voir mes trois enfants partir avec leurs sacs pour leur semaine avec leur père. Au cours des 6 premiers mois, je restais près d’un quart d’heure devant chez leur deuxième « chez eux » à pleurer toutes les larmes de mon corps. J’évitais de retourner chez moi pendant quelques heures car tout me rappelle leur passage. J’errais dans les rues avec mon auto, j’allais faire mon épicerie pendant de longues heures de peur de me retrouver dans un appartement vide sans eux.
Les premières fins de semaine étaient pénibles, voir douleureuses. Le silence total! Pas de chamailles entre les filles, pas de bruits de pas qui couraient partout, pas de Mélodilous sur Télé-Québec, pas d’enfant qui se pointait à ma porte de chambre pour réclamer les crêpes du samedi….

Je suis passée d’une maman à temps plein à une maman à temps partiel. J’ai perdu mes repères de maman poule. La nuit, je me réveillais pour aller faire un tour dans la chambre des filles que je laissais telle qu’elles l’ont quittée pour sentir leur présence. Je me couchais avec la doudou de mon fils, encore imprégnée de son odeur.
Est-ce qu’ils sont bien couverts la nuit? Ont-ils bien mangé? Est-ce qu’ils s’ennuient de moi? Ont-ils leur collation dans leur boîte à lunch? Ont-ils fait leurs devoirs? Leurs présentations orales se sont bien passées? Est-ce que quelqu’un les agace à l’école? Tout genre de questions qui me préoccupaient sans cesse. J’étais incapable de manger un plat que eux aimaient. J’étais dans la période de culpabilisation envers eux.

C’était le plus dur dans mon année. Ce l’était pour eux aussi. Leurs notes ont chuté. Leur tempérament a changé. Ils ne riaient plus comme avant. Je ne reconnaissais plus mes propres enfants. Une partie de leur vie ne m’était plus accessible.

Heureusement, tout se replace. Je vois plus souvent de la joie dans leurs yeux. Ils me partagent plus souvent et volontairement leur vécu pendant la semaine chez leur père. Donc je me sens à nouveau plus impliquée dans leur vie.

Le plus important c’est que j’ai appris à être femme à nouveau et non juste mère. Je commence à apprécier les semaines où je suis seule. Je prends le temps de me reposer et faire le plein d’énérgie pour recevoir mon trio en pleine forme. Je reconstitue mon cercle d’amis que je vois plus souvent. Je sors plus. J’apprends à connaître plus mon amoureux. Je reprends l’écriture et dans la mesure du possible la lecture. Bref, ma nouvelle vie m’a permis de me reprendre.
Pendant presque 14 ans, j’étais une épouse, une mère, une psy, une juge, une chauffeur, une policière, une femme de ménage, une cuisinière, une prof. mais pas une « femme »!

Là, je suis une mère mais avant tout une FEMME épanouie qui continue à cheminer et à devenir une meilleure version d’elle-même.

Je ne suis plus en mode survie mais plutôt en mode « vie »!

Je me suis choisie et je suis fière d’avoir fait ce choix. Ainsi, je peux être une meilleure maman et donner l’exemple à mes enfants car il faut qu’ils apprennent que le bonheur est un devoir. Le bonheur se cultive au fil du temps et ne diminue pas quand on le partage!

Le bonheur, on se le doit!

La vie est un défi à relever, un bonheur à mériter, une aventure à tenter. Mère Teresa

Résister à l’amour

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En cet après-midi gris et maussade, l’inspiration me tombe dessus comme un éclair. L’orage qui est supposé être à l’extérieur, en ce juin bizarroïde, gronde plutôt en moi. Depuis quelques jours, une boule de « stress » a trouvé refuge dans mon estomac. On dirait que l’année difficile que je viens de vivre a soudain décidé de se venger de moi. De nature optimiste et positive, cet état second vient ébranler mon existence. Est-ce la colère? La dernière étape du deuil de la séparation? La mère à temps partielle que je suis devenue? Mes soucis financiers? Ma carrière? La remise en question de mes choix de vie?
Je sais et je sens que quelque chose se manigance en moi. Mais ce quelque chose ne s’est pas encore dévoilu. Je suis en mode survie. Mon pilote automatique est en contrôle. Je suis consciente que je devrais reprendre le contrôle à un moment donné. Mais pas encore. Je suis en tentative d’écoute de cette petite voix en moi. Suis-je devenue sourde ou est-elle encore silencieuse?
Pour revenir un peu en arrière afin de donner sens à ce que je vis, il y a un an j’ai fait mon saut dans le vide. J’ai quitté ma maison, mon foyer, ma vie familiale. J’ai quitté tout ce que je connaissais à ce jour. Je suis sortie de ma zone de confort, qui, disons les vraies choses, n’était pas vraiment ma zone de confort vu qu’il n’y avait aucun confort.
Je me suis lancée dans une nouvelle vie : un nouveau statut de femme séparée et de mère célibataire. J’ai tout laissé derrière moi. Je n’ai pris aucun des meubles par peur ou par superstition que la malédiction allait me poursuivre dans mon nouveau chez moi. Je ne voulais aucun souvenir accroché à ses meubles. Je partais de zéro. Légère. Soulagée. Libre.
L’année est passée vite. J’ai appris à gérer ma vie du mieux que je peux avec tout ce que ça implique.
J’ai eu mon (gros) lot de hauts et de bas et j’étais sur des montagnes russes en permanence.
Dans ce chaos sucré-salé, ma vie n’est pas et ne sera pas simple.
Une leçon apprise durant ma première année de vie solitaire est que l’amour est le remède à tous nos maux.
Ouvrez votre coeur et votre âme à la vie et acceptez ce qu’elle vous offre. Ne refusez pas sa générosité juste parce que vous avez été déçus, blessés, trompés. Permettez à votre coeur de guérir et n’ayez pas peur d’une nouvelle chance.
Mes derniers jours vécus avec cette boule à l’estomac m’ont démontré à quel point j’étais fragile et vulnérable. C’est la cloche qui m’a fait réaliser que je résiste aux douceurs que l’univers m’envoie, que ma mission est d’être heureuse et rendre les gens que j’aime heureux.