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Quelle est ton histoire?

Une chose est sûre, chacun de nous est l’auteur de sa propre vie. Le moindre geste posé, la moindre décision permet d’écrire les lignes de son histoire, de tracer sa tournure et ses tournants.

Mais comme pour la météo, un vent plus fort que prévu peut changer la donne et les prévisions. Des événements inattendus peuvent arriver, des événements sur lesquels nous n’avons aucun contrôle viennent chambouler notre existence. Se faire confiance, malgré les orages, est notre bouée de sauvetage. Du moment où la peur de l’imprévu l’emporte, c’est le début de la fin. Avoir peur est normal mais se laisser aller à la peur et se laisser engloutir par les vagues, ce n’est pas acceptable. Nous avons la responsabilité envers nous-mêmes de ne pas baisser les bras à la première entrave. Se battre, tomber, se blesser mais se relever c’est primordial pour s’en sortir plus fort et plus confiant en ses moyens.

Nous sommes dotés d’une force intérieure incroyable, cachée au plus profond de nous, sous nos blessures et cicatrices. une mine d’or qui n’attend qu’à être explorée et exploitée. Il revient à chacun de nous d’aller à sa recherche, malgré la peur, le manque de confiance et l’incertitude.

Ce que nous vivons en ce moment, à l’étendue de l’humanité, est indescriptible. Cependant, chacun d’entre nous le vit à sa manière et l’utilise pour mettre en place de nouveaux paramètres à sa vie. C’est le moment pour repartir à neuf en tant qu’humain. Nous avons été donné ce qui manquait gravement à notre vie, du temps. Du temps pour méditer, pour s’améliorer, pour essayer une nouvelle recette, pour lire, pour s’entrainer, pour passer du temps de qualité avec nos enfants, nos proches, pour faire une nouvelle activité, pour apprendre à connaître les personnes qui nous côtoient à tous les jours et que nous connaissons à peine et pour prendre soin des gens qu’on aime. Du temps simplement pour nous reposer et mettre notre vie de tous les jours en pause.

Je ne minimise en aucun temps cette crise planétaire, ni ses impacts présents et futurs sur nous, j’essaie de conjuguer entre mon anxiété vis à vis ce qui se passe dans le monde et trouver une façon de passer au travers en faisant un re-set (positif) à ma vie. C’est la chance pour chacun de renaitre de ses cendres et de ré-écrire son histoire différemment. De revoir ses priorités dans la vie et d’établir de nouveaux objectifs qui le rendent plus heureux. D’être moins individualiste, plus humain et plus altruiste.

Après le passage de cette tempête dévastratrice, la vie ne sera plus jamais pareille. Cette pause devra servir à nous préparer à un monde différent. Il y aura désormais un avant et un après et on s’en rappelera longtemps, jusqu’à notre dernier souffle. Nous n’oublierons jamais que la vie ne tient qu’à un fil et que nous devrons en profiter pour être de meilleurs êtres humains et d’aimer mieux ceux qui nous sont chers. Purifions-nous en attendant et débarrassons-nous de nos mauvais plis. Une prise de conscience individuelle sera nécessaire afin qu’une prise de conscience collective puisse s’y installer.

Après deux semaines complètes de confinement et de télétravail, j’ai craqué. Je me suis sentie impuissante et démunie. Mes enfants ne sont pas avec moi. Je ne peux pas m’en occuper ni passer du temps, que j’ai enfin en masse, avec eux. J’angoisse à l’idée qu’ils tombent malades loin de moi. De plus, ils sont soumis à un grand risque de contamination vu le travail de leur père. Ce qui a rajouté à ma peur, c’est le fait qu’une compagnie de ménage à domicile soit venue nettoyer leur maison en leur présence. Franchement, exposer des enfants à autant de risque pour du ménage alors que le nombre de personnes décédées dans le monde à cause du virus a atteint 24,863! C’est totalement irresponsable et immature. Les priorités à la mauvaise place…le coeur aussi. La sécurité doit primer sur TOUT le reste….

Aujourd’hui, je me suis permis de vivre ma peine au complet et d’être le plus proche possible de mon coeur afin de pouvoir rebondir à nouveau. Je refuse de trainer ce qui alourdit mon coeur et chamboule mon âme longtemps. J’ai mieux à faire. Et en ce moment plus que jamais. Je me dois de renaitre après chaque défaite. Je me dois de ménager mon coeur lorsque je n’ai pas le contrôle sur les événements qui viennent le mettre en doute et le fatiguer. Il est temps pour moi de mettre en pratique tout ce que j’ai implanté en termes de résilience au cours des années. Je profite de ce moment de pause pour recharger mes batteries pour être plus prête et en forme pour m’occuper de moi et de ceux que j’aime.

Au début de cette année, je me suis engagée à être plus bienveillante envers moi-même, plus douce avec mon coeur mais je me suis perdue de vue car j’ai l’habitude de passer tout le monde avant moi-même. Je reprends les reines et je me replace sur la liste des priorités. Je me considère très chanceuse d’avoir à mes côtés un conjoint qui me le rappelle souvent et qui m’aide dans cet apprentissage.

C’est dans les moments difficiles que nous devons faire preuve de résilience. D’accepter ce que nous pouvons changer et de laisser aller ce que nous ne pouvons pas changer. De pratiquer le lâcher-prise sur ce qui n’est pas essentiel, ce qui alourdit notre cheminement.

Ce soir, je me répète ces mots comme une mantra :

Je laisse aller ce qui ne me permet pas d’avancer. Je laisse aller ce qui ne me permet pas de grandir. Je laisse aller ce que je ne peux pas contrôler pour l’empêcher de me contôler. Je laisse aller ce qui me rend triste. Je puise ma force dans mes failles et faiblesses…

Se reconnecter avec soi…

Nos obligations et nos responsabilités quotidiennes prennent beaucoup de place dans notre vie et nous déconnectent souvent de son essence. Nous perdons ce fil connecteur important qui nous relie à notre for intérieur et qui nous permet d’écouter nos besoins émotionnels, mentaux et spirituels.

Dans le vif de l’action de tous les jours, nous avons tendance à ignorer l’appel du « petit moi » en nous. Nous sommes fatigués et débordés, nous manquons de temps et nous accordons plus d’importance à ce qui nous entoure, à notre travail et surtout aux autres. Pourtant, se donner du temps pour s’écouter ne devrait pas être si compliqué et si long même dans un horaire surchargé. C’est du temps que nous nous devons. Il suffit de fermer les yeux pour quelques minutes, prendre une bonne respiration profonde et se questionner sur nos besoins du moment : Comment je me sens? Pourquoi je me sens ainsi? J’ai besoin de quoi en ce moment? La réponse surgira d’elle-même, je vous le garantis!!! Tentez l’expérience et vous verrez par vous-mêmes!

Je me suis très peu accordé du temps au cours des vingt dernières années. Le train-train de la vie me détournait de mes besoins essentiels au point où j’ai perdu le « moi » et le « je » de la mappe. Je répondais aux besoins de tout le monde aux détriments des miens. Le résultat est simple : de la frustration en permanence. Il n’y a personne qui va venir vous dire d’écouter vos besoins et de les prioriser. C’est à vous de le faire. Heureusement, ça a fait partie de mon cheminement et le fait toujours d’ailleurs. C’est un apprentissage à faire en continu car c’est facile de se perdre de vue en cours de route.

Lorsque je me sens loin de moi-même, je prends les moyens de me retrouver et me reconnecter à mon intérieur. Je prends du temps pour moi aussi. Je peux être encore maladroite des fois dans l’expression de mes émotions et de mes besoins car je n’avais pas la bonne personne à mes côtés pour m’encourager à le faire. Bien au contraire. À des moments, je me suis égarée. J’ai étouffé mes besoins. Je me suis chosifiée pour ne plus souffrir car en se chosifiant, on se « déshumanise » pour avoir moins mal. J’ai omis d’entendre cette voix intérieure qui appelait à l’aide, qui lançait des signaux d’alarme.

Mais, des fois, il faut s’égarer pour mieux se retrouver, dit-on. En se retrouvant, on découvre le vrai nous au-delà des illusions qu’on s’est faites de nous-mêmes. On apprend mieux et à se connaitre et à se connecter à notre « petit nous » réfugié dans les profondeurs de notre âme. Un « nous » qui peut avoir peur, qui peut être triste ou heureux, qui veut s’exprimer de toutes les façons possibles, qui veut se faire aimer, respecter et accepter.

Rares sont les personnes qui n’ont pas peur de découvrir ce qu’ils sont vraiment en se connectant à leur essence. D’où leur volonté, consciente ou inconsciente, de faire taire leur voix intérieure et leurs besoins. C’est pourquoi lorsqu’on parle de peur, un autre terme émerge : oser. On ose parce qu’on a peur. On ose parce qu’on veut surmonter notre peur. On ose parce qu’on veut un résultat différent. On ose parce qu’on veut franchir les limites de l’ordinaire. On ose parce qu’on est tanné de négliger nos besoins pour répondre aux besoins de l’autre. On ose le jour où l’on dit OUI alors que tout notre être crie NON et que ça nous rend extrêmement triste et frustré.

Au début de l’année courante, je me suis fixé comme objectif/défi d’oser être moi-même. Je peux fièrement dire que j’ai réussi à y adhérer. Le nombre de fois, cette année, où je suis sortie de ma zone de confort, où j’ai pris des décisions de taille qui ont changé toute mon existence, où j’ai réalisé des projets personnels et professionnels comme jamais avant. Tout ça parce que j’ai osé, parce que je me suis écoutée et j’ai répondu à des besoins que j’ai enterrés pendant longtemps. Je me suis reconnectée avec ma petite « moi » qui avait désespérément besoin que j’en prenne soin. Je ne regrette pas ce choix.

À tous les matins, je me dis que je suis chanceuse d’être où je suis rendue dans ma vie. Je suis fière de mon parcours et du courage d’avoir osé…Mon chemin était parsemé d’embûches et teinté de peur mais mes besoins de liberté, d’indépendance, et d’autonomie étaient plus forts que toute peur. Le déclic s’est fait lorsque j’ai rétabli la connexion avec moi-même. J’ai retrouvé la petite « moi » confiante et sûre. La « moi » qui attendait ce moment pour sortir à la lumière du jour, pour s’épanouir et pour s’affirmer.

Un hommage pour la 2ème bougie du blog

Le 5 juin 2017, j’écrivais mon tout premier texte sur le blog. Je ne savais pas trop ce que ça allait donner. J’avais beaucoup à dire, à partager. Beaucoup se tramait dans mon coeur encore meurtri. Je célébrais ma première année de liberté. Je guérissais tranquillement mais sûrement d’une séparation houleuse. Je savourais ma liberté en apprenant à assumer mon rôle de maman à temps partiel et mon nouveau statut de Femme avec un grand F. Deux statuts que je ne savais qu’ils pouvaient cohabiter. La femme en moi ayant disparu à travers les années, je devais la sortir de sa cachette et l’apprivoiser à nouveau…

Deux ans depuis cet article! Je me suis fixé comme objectif pour le deuxième anniversaire du blog d’atteindre 200 articles. Malheureusement, je ne l’ai pas atteint par manque de temps et à cause du rock’n’roll que je vis depuis plusieurs mois. Bon, le bordel est entrain de se ranger. Je suis dans le dernier droit avant que tout se replace. Lorsque ce sera fait, j’ai l’intention d’écrire un texte de témoignage dont le but est de partager ma dernière expérience afin de transmettre un message à ceux et celles qui vivent des moments difficiles, qui doivent faire des choix déchirants dans la vie, qui pensent ne pas être assez à la hauteur et qui se mettent en doute à chaque jour, surtout ceux et celles qui pensent qu’ils n’arriveront jamais à s’en sortir….

Pour le moment, et pour le deuxième anniversaire de Mon Coeur de Saumon, j’aimerais que ce texte soit un hommage aux femmes fortes qui font partie de ma vie directement ou indirectement. Pour leur présence, leur force remarquable, leur coeur qui bat toujours malgré les bleus, leur passion inépuisable, leur persévérance continue pour réussir et atteindre leurs objectifs, leur confiance en la vie et en leur voix intérieure, leurs précieux conseils…

Ces femmes qui ont eu leur lot dans la vie, tout comme moi, qui ont vécu des moments difficiles, des moments d’incertitude, de remise en question, de prise de décisions difficiles mais qui n’ont pas lâché leur combat, n’ont pas perdu cette flamme qui brûle en elles. Elles se sont relevées pour poursuivre malgré les blessures et les cicatrices. Elles ont choisi de marcher droit et être fières de leur parcours sinueux. Mais ce n’était pas tout. Ces femmes capables de tendre leurs mains vers les autres afin de les soutenir dans leurs combats.

Je choisis de les honorer car plusieurs d’entres elles, et malgré leurs propres batailles, m’ont soutenue et me soutiennent sans cesse. Elles prennent le temps de venir me voir et me parler, de prendre de mes nouvelles, de partager avec moi leurs expériences, leurs réussites, leurs peines et des fois de me prendre simplement dans leur bras pour me réconforter ou se réconforter.

En ces dernières années pas faciles, j’avais toujours eu à mes côtés, une femme : une amie, une collègue, une mère, une connaissance…

Je me considère chanceuse de faire partie de ce réseau tacite de soutien et d’amour. D’être entourée de femmes fortes et passionnées qui s’entraident sans demander de retour. Des femmes vraies, authentiques et surtout empathiques qui ont le coeur sur la main.

À toutes ses femmes, merci du fond du coeur! Je poursuis dans la même direction en ouvrant mon coeur et mes bras à toute personne, toute femme qui en a besoin!

Cette femme…c’est moi

@Photo crédit : French freelance Designer and Illustrator Florian Nicolle

Ce matin, en me regardant dans le miroir, je me suis rendue compte à quel point j’ai changé. D’habitude, à chaque matin, je me prépare en vitesse pour sortir. Je ne porte pas attention aux petits détails par manque de temps. Je me suis surprise entrain de sourire à mon reflet un peu fatigué. Je suis à la course depuis plusieurs semaines, entre deux villes, deux bureaux, deux maisons. Je prépare notre transition et notre nouvelle réalité de famille. Je vous laisse deviner la charge mentale que ça me cause. La fatigue physique est venue me rattraper et ce matin, mon corps a refusé de coopérer. Je n’étais pas capable de sortir du lit. Une grande fatigue accompagnée d’une migraine m’a frappée et m’a obligée de rester dans le réconfort de chez nous pour récupérer. Mais malgré ça, cela ne m’inquiète pas. C’est passager. C’est normal dans les circonstances. Une journée de repos suivie d’une bonne nuit de sommeil me remettront sur pied. La fatigue est physique. Sinon mon petit coeur de saumon se porte à merveille. Il est en bonnes mains. En sécurité. Entouré de beaucoup d’amour et de tendresse comme il n’a jamais connu avant.

La femme que j’ai vue dans le miroir est la nouvelle moi que je suis devenue. Une lueur d’espoir brille dans ses yeux. Une fierté miroite sur ses traits. Elle a réussi à s’en sortir. Elle a réussi à accoster après de fortes tempêtes en haute mer. Elle a appris à maitriser son voilier face aux vents de la vie. Elle n’a pas baissé les bras même lorsque tout prédisait la défaite. Elle est faite forte mais douce. Entêtée mais réfléchie. Prudente mais courageuse. Vulnérable mais persévérante.

Cette femme qui a appris à s’aimer et à être heureuse alors qu’elle ne s’appréciait pas à sa pleine valeur, se doutait de ses capacités et s’autocritiquait sévèrement pour tout et pour rien. Elle qui a appris à être aimée et à accepter qu’elle le méritait pleinement, alors qu’avant, elle nourrissait son coeur de mensonges en lui disant qu’il n’était pas assez bon, qu’il n’était pas à la hauteur. Elle qui a accepté de le nourrir de miettes en pensant que c’était ça l’amour et que c’était assez pour calmer sa faim.

Cette femme qui a permis qu’on la brise, qu’on la déçoive, qu’on la maltraite en lui faisant croire que tout était de sa faute. Elle a appris à ne plus porter le fardeau des autres, leur mal-être, leur noirceur intérieure et leur propre défaite aussi.

Cette femme qui a connu la tristesse de l’abandon, n’abandonnera jamais ceux qu’elle aime, ceux qui comptent le plus à ses yeux ni ceux qui viennent vers elle pour du réconfort.

Cette femme choisit désormais ses batailles, met son coeur à la bonne place et refuse de se faire marcher sur les pieds. Elle n’a plus peur de se frayer un chemin propre à elle. Elle n’a plus peur de laisser derrière elle ceux et celles qui ne rajoutent pas de valeur à sa vie. Ceux et celles qui ne font aucun effort pour mériter une place dans son coeur. Ceux et celles qui la prennent pour acquis.

Cette femme qui voulait avant plaire, qui cherchait l’approbation de son entourage, se moque maintenant de ce que les autres pensent de son chemin, de ses choix. Elle prend ses décisions en fonction de ses valeurs, de sa façon de voir le monde, la vie, l’univers. Elle vit dans la paix, l’amour et l’acceptation de ce qu’elle est devenue sans essayer de se faire accepter car elle n’a plus rien à prouver à quiconque.

Cette femme à part entière est aussi mère à part entière. Et c’est le rôle le plus précieux qu’elle joue et jouera jusqu’à son dernier souffle. L’amour pour ses enfants l’a gardée debout. Chacun d’eux a l’entièreté de son coeur et l’aura toujours. Elle s’est battue pour les voir heureux et ne cessera jamais de se battre pour qu’ils le restent toujours.

C’est cette femme que j’ai vue ce matin dans le miroir. C’est son histoire aussi. Cette femme, c’est moi…