Le côté tranchant du silence

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Au fil des ans, j’ai développé mon propre mécanisme de défense comme tout le monde : Le silence! 

Ce n’est pas un outil que je choisis d’utiliser exprès dans différentes situations où l’émotionnel est présent. Mon système fait un « shut down » absolu. Même si j’essaie de dire quelque chose, je suis incapable. On dirait qu’une barrière apparaît comme par magie à l’intérieur de moi et isole mon monde émotionnel du reste de moi. Je n’entends plus rien du monde extérieur tellement ce tourbillon en moi est fort et son bruit est assourdissant!

J’ai essayé de remonter dans le temps pour comprendre le pourquoi et le quand ça a commencé. C’est sûr que la culture joue un rôle important ainsi que l’influence de certaines personnes dans notre vie.

À l’origine, je suis un être fait d’émotions et dans la plupart des cas, je les exprime avec facilité.
Mais aussitôt menacée, c’est le silence absolu! Plus que la personne devant moi insiste à avoir des réponses, plus que je me referme sur moi-même et devient impénétrable. Au cours des dernières années, je me suis réfugiée longtemps dans ce silence suffocant! Et ça n’aidait pas mes blessures à guérir. Je me pitoyais sur mon sort, je ruminais ma colère, je faisais taire ma voix intérieure qui me disait que ça ne pouvait continuer ainsi et je me cachais au fond de moi, derrière cette barrière plus résistante que le ciment.

« À l’intérieur de chacun de nous, il y a un silence. Un silence aussi vaste que l’univers. Et quand nous faisons l’expérience du silence, nous nous souvenons de qui nous sommes…» Gunilla Norris

L’étape suivante était les larmes. Je laissais libre cours aux larmes tel qu’un torrent qui emporte tout dans son passage. Comme si ces larmes allaient emporter la douleur loin de moi. Elles allaient purifier mon âme de tout ce qui l’encombre. Elles allaient calmer mon tourbillon. Je pleurais jusqu’à épuisement, jusqu’à ce que je retrouve cette sérénité temporaire.

Et là, je passais à la dernière étape, dormir. Ce mécanisme de « défense » extrayait toute mon énergie, me vidait de tout et dormir était nécessaire pour la récupération physique et émotionnelle.

Dans mon cheminement personnel, j’essaie de déconstruire cette barrière en évitant d’arriver au point où j’ai besoin de me cacher derrière elle. J’évite d’accumuler ce qui peut devenir des frustrations en moi en les extériorisant rapido presto.

J’amène le sujet sur la table, j’en discute avec la personne concernée et je me permets d’exprimer mon mécontentement vis à vis la situation (car avant je ne me donnais pas cette permission!).

Malgré mes compétences en communication, s’exprimer, discuter, échanger est un travail de tous les jours. Il y a toujours place à l’amélioration et je vois déjà les résultats. Je me réfugie de moins en moins dans le silence et je suis fière de ce que j’ai atteint jusqu’à ce moment. Je ne peux plus faire marche arrière.

Je ne veux plus me taire après  avoir retrouvé ma voix!

Je suis capable de détecter en une fraction de seconde l’énergie d’une personne aussitôt qu’elle entre là où je me trouve. Ce qui fait en sorte que mon système réagit vite à cette énergie détectée et je me prépare émotionnellement à interagir « positivement » au lieu de prendre du recul et me cacher au fond de moi.

« Ce que nous ne pouvons pas exprimer gouverne notre vie. »

À toi, que j’aime!

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Ton amour a envahi mon coeur sans crier gare.
Tel qu’un repère, tel qu’un phare
Qui guide les bateaux perdus dans la noirceur des nuits
Un repère qui s’est infiltré sans bruit
M’aidant à retrouver une âme désesperée
Rongée par la solitude et l’oubli
Perdue dans des abîmes profonds
Que seul toi connaissait l’issu de sortie
Un beau printemps s’installa en moi
Et tout apparaît, désormais, d’une beauté sublime
Ton sourire est mon ancre et ma foi
Ton regard, si doux, que mon bonheur ranime
Ta voix, que dirais-je de ta voix?
Sinon la plus douce des mélodies
Qui m’enveloppe d’une chaleur inouie
Je t’aime d’un amour oublié
Qui appartient à une époque abandonnée
Mon amour pour toi est né le jour où j’ai existé
Et m’accompagnerait jusqu’au jour où je partirai
Tu es ma raison d’être
Tu es ma raison de sourire
Et si tu ouvres mon coeur, tu t’y trouveras fleurir!

Pourquoi « Mon coeur de saumon? »

On me demande depuis le lancement de ce blog, pourquoi j’ai choisi « Mon coeur de saumon » comme titre. Le saumon est un poisson connu pour nager à contre courant. Il risque sa vie et défie la loi de la gravité. Depuis ma tendre enfance, j’étais un petit saumon sauvage. Je suis née avec des gènes de rebelle. Je ne suis pas une « hors-la-loi », bien au contraire. Je démontre beaucoup de rigueur par rapport au respect de la loi et à son application. Mais dans ma vie de tous les jours, je vis selon mes convictions et mes principes, guidée par l’amour, la compassion et l’ouverture à l’autre.
Les injustices de toute sorte et couleur dans le monde me font rager.

Issue d’une culture assez conservatrice par rapport au rôle de la femme dans la société mais élevée dans une famille ouverte : un père médecin ayant fait ses études en médecine en France et une mère détentrice d’un bac en philosophie et en psychologie, donc j’ai été encouragée à aller toujours plus loin, à m’affirmer et À devenir ce que je suis aujourd’hui.

J’ai eu le choix depuis ma jeunesse d’aller dans le domaine d’études que je voulais, de voler de mes propres ailes sans contrainte, d’être moi-même. J’étais chanceuse par rapport à d’autres jeunes filles de mon âge qui n’ont pas eu la même ouverture du côté de leur famille.

Dans mon parcours, j’ai réalisé que la femme n’est pas juste une épouse et une mère. C’est un rôle important et essentiel mais elle a d’autres à jouer.

Au fil des années, j’ai réprimé le saumon en moi pour « me conformer » à la nouvelle famille, conservatrice et traditionnelle, dont j’ai fait partie par alliance. Ça ne m’a donné que de la frustration car je n’étais pas fidèle à mes principes. D’autre part, la famille n’était pas assez satisfaite de ma « performance ». Je n’étais pas assez compétente à leurs yeux en tant qu’épouse, ni digne du nom de leur fils.

Sans rentrer dans les détails ici, mon saumon a décidé de se réveiller et de retourner à la source, à sa vraie nature.

Depuis, j’ai repris les rennes de ma vie et c’est moi qui la dirige désormais. J’ai gardé dans mon cercle ceux qui me ressemblent et j’ai laissé aller ceux qui ne me ressemblent pas et plus!

Pour faire partie de mon cercle, c’est simple : ma devise est l’AMOUR. L’accepter et le donner c’est dans les conditions d’adhésion à mon « club ».

« Moi, je ne « tourne pas les pages », je déteste cette expression simpliste, je n’oublie rien, je ne zappe pas, je ne renouvelle pas ma vie comme si rien avant n’avait existé. Elle est un fil continu que je tisse, je ne gomme personne, je suis faite de tous mes souvenirs, de mes amours, je suis un patchwork vivant de moments de vie, je suis faite des autres, pour les autres, et chacun m’a construite ou meurtrie. Je ne tourne pas les pages, je les écris. »

Charlotte Valandrey

Une nouvelle réalité

Le mot « séparation » rime toujours avec l’expression « nouvelle réalité » mais ça ne veut pas nécessairement dire que c’est négatif, destructif et infranchissable. Tout dépend de comment on perçoit cet événement, comment on réagit avec ses conséquences et de quelle façon on établit nos attentes ainsi que nos priorités par rapport à cette nouvelle réalité.

La personnalité, la constitution psychologique, le bagage génétique et les expériences de la vie que l’on a jouent un rôle primordial dans le cheminement et le passage à travers les cinq étapes de la rupture :

  1. la dévastation;
  2. le sevrage;
  3. l’intériorisation;
  4. la rage;
  5. le relèvement.

Dans mon article, je ne parlerai pas de ces étapes mais chose est certaine, je suis à la dernière et c’est ce qui compte.
Pour beaucoup, dont moi personnellement, la séparation m’a permis de renaitre à nouveau. C’est l’équivalent d’une résurrection, d’une seconde chance où l’on fait les choses différemment, où l’on apprend de nos erreurs et de nos manquements des fois. Une deuxième chance pour vivre heureux selon de nouveaux standards.

Le plus difficile dans cette nouvelle réalité c’est notre séparation de nos propres enfants. Les deux parents ont le droit de vivre avec leur progéniture. Donc les couples qui optent pour la garde partagée ou exclusive doivent ré-apprendre à jouer leur nouveau rôle.
Après bientôt un an de séparation, je trouve encore très difficile de voir mes trois enfants partir avec leurs sacs pour leur semaine avec leur père. Au cours des 6 premiers mois, je restais près d’un quart d’heure devant chez leur deuxième « chez eux » à pleurer toutes les larmes de mon corps. J’évitais de retourner chez moi pendant quelques heures car tout me rappelle leur passage. J’errais dans les rues avec mon auto, j’allais faire mon épicerie pendant de longues heures de peur de me retrouver dans un appartement vide sans eux.
Les premières fins de semaine étaient pénibles, voir douleureuses. Le silence total! Pas de chamailles entre les filles, pas de bruits de pas qui couraient partout, pas de Mélodilous sur Télé-Québec, pas d’enfant qui se pointait à ma porte de chambre pour réclamer les crêpes du samedi….

Je suis passée d’une maman à temps plein à une maman à temps partiel. J’ai perdu mes repères de maman poule. La nuit, je me réveillais pour aller faire un tour dans la chambre des filles que je laissais telle qu’elles l’ont quittée pour sentir leur présence. Je me couchais avec la doudou de mon fils, encore imprégnée de son odeur.
Est-ce qu’ils sont bien couverts la nuit? Ont-ils bien mangé? Est-ce qu’ils s’ennuient de moi? Ont-ils leur collation dans leur boîte à lunch? Ont-ils fait leurs devoirs? Leurs présentations orales se sont bien passées? Est-ce que quelqu’un les agace à l’école? Tout genre de questions qui me préoccupaient sans cesse. J’étais incapable de manger un plat que eux aimaient. J’étais dans la période de culpabilisation envers eux.

C’était le plus dur dans mon année. Ce l’était pour eux aussi. Leurs notes ont chuté. Leur tempérament a changé. Ils ne riaient plus comme avant. Je ne reconnaissais plus mes propres enfants. Une partie de leur vie ne m’était plus accessible.

Heureusement, tout se replace. Je vois plus souvent de la joie dans leurs yeux. Ils me partagent plus souvent et volontairement leur vécu pendant la semaine chez leur père. Donc je me sens à nouveau plus impliquée dans leur vie.

Le plus important c’est que j’ai appris à être femme à nouveau et non juste mère. Je commence à apprécier les semaines où je suis seule. Je prends le temps de me reposer et faire le plein d’énérgie pour recevoir mon trio en pleine forme. Je reconstitue mon cercle d’amis que je vois plus souvent. Je sors plus. J’apprends à connaître plus mon amoureux. Je reprends l’écriture et dans la mesure du possible la lecture. Bref, ma nouvelle vie m’a permis de me reprendre.
Pendant presque 14 ans, j’étais une épouse, une mère, une psy, une juge, une chauffeur, une policière, une femme de ménage, une cuisinière, une prof. mais pas une « femme »!

Là, je suis une mère mais avant tout une FEMME épanouie qui continue à cheminer et à devenir une meilleure version d’elle-même.

Je ne suis plus en mode survie mais plutôt en mode « vie »!

Je me suis choisie et je suis fière d’avoir fait ce choix. Ainsi, je peux être une meilleure maman et donner l’exemple à mes enfants car il faut qu’ils apprennent que le bonheur est un devoir. Le bonheur se cultive au fil du temps et ne diminue pas quand on le partage!

Le bonheur, on se le doit!

La vie est un défi à relever, un bonheur à mériter, une aventure à tenter. Mère Teresa