L’echo des souvenirs

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J’avais fini ma journée de travail et je revenais chez moi. Je roulais sur l’autoroute en écoutant une toune de Noël, ‘Driving home for Christmas’ de Chris Rea et comme à chaque fois, le cœur me leva.

En route, je pensais à tous ces moments où la famille se réunissait autour de la table le soir pour souper. Tout le monde se parlait en même temps, les rires s’entremêlaient, chacun avait quelque chose à partager de sa journée. Une famille typiquement méditerranéenne…

Des fois, le ton montait pour faire valoir son droit à la parole mais le tout se faisait dans l’amour. On s’acceptait tel qu’on était, avec nos défauts, nos traits de caractère et nos personnalités respectives.

Une famille colorée, c’est ce qu’on était. Cette brève pensée me fît sourire mais je me ravisai aussitôt que ce n’était plus que l’ombre d’un souvenir. J’arrivai à peine à voir devant moi.
Tant de souvenirs qui embrouillèrent mes yeux, particulièrement en cette période des fêtes.

Du revers de la main, j’essuyai une larme restée accrocher au coin de l’œil et je montai le volume de la radio. Ce soir, c’est lourd sur la route. Beaucoup de trafic. Donc, j’ai amplement le temps de retourner dans ma boîte à souvenirs mentale. Ça me fait palpiter le cœur de bonheur malgré le risque élevé de devenir nostalgique, même très nostalgique. J’entendis à nouveau l’echo des rires d’enfants insouciants. Je réussis même à percevoir l’odeur de ma soupe préférée.

Un feu brûlait dans la cheminée. Ce soir, on faisait griller des marrons en regardant pour la centième fois « Home Alone ». À chaque fois, ça nous faisait rire comme la première fois.

On me klaxonna…il faudrait avancer. Ça me sortit de mes rêveries pour quelques instants seulement…

Mes aiguilles de tricot et mes boules de laine étaient encore là sur la table basse de mon petit salon campagnard. Je passais de longs moments à tricoter devant le feu, avec juste les lumières du sapin et les chansons de Michael Bublé pour m’accompagner. C’était des moments de bonheur.

C’était réconfortant d’être au chaud, au fond de mon beau divan jaune pâle aux motifs blancs.

J’aurais tellement souhaité être assise ainsi, collée à quelqu’un qui m’aimait pour vrai et facilement. Qui ne laissait aucune trace de doute dans mon cœur.

“Les bras de l’amour vous contiennent avec votre présent, votre passé, votre avenir, les bras de l’amour vous rassemblent.” ~ Antoine de Saint Exupéry

L’amour est à la base de notre existence. On est prêt à tout donner pour l’avoir, pour le sentir, pour le vivre, pour vibrer au même diapason avec l’être cher.

Dans quelques minutes, j’arrive chez moi. Ça va être froid et vide. Je vais être seule autour de la table, à manger un repas décongelé. Mon sapin me tiendra sûrement compagnie, encore ce soir.
Probablement que j’écouterais en boucle ‘Last Christmas’ de Wham.

J’aurais voulu que tu sois là. Que cette famille qui me rendait heureuse puisse se reconstituer différemment pour devenir la nôtre. Qu’elle porte nos couleurs respectives. Notre touche à nous. Que les rires résonnent à nouveau dans tous les recoins de la maison, notre maison.

Le doux crépitement du feu me manque. L’odeur des châtaignes grillées aussi. Nos sourires complices. Nos ‘je t’aime’ silencieux. Ta main dans mes cheveux.

Un jour…qui que tu sois…

Sous l’emprise de “l’amour”…

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Les plus « belles » des histoires d’amour débutent par un conte de fées et en un rien de temps, la magie s’estompe et laisse place à la frustration.

Le début donne des papillons dans le ventre. Le mâle se met en mode séduction pour conquérir la fille qui lui plait. Il est prêt à aller loin pour mettre son plan à exécution. Et si ça adonne qu’elle soit prise et non disponible, il serait prêt à la prendre d’un autre pour combler son besoin de marquer son territoire!

Dans ce cas, le but justifie les moyens. La formule à la Machiavel. Aussitôt qu’elle devienne la sienne, les petits jeux de manipulation commencent : le chantage émotionnel.

Au début, il l’appelait et la textait une centaine de fois par jour. Il s’inquiétait pour elle et exigeait de la voir fréquemment.
Aussitôt qu’elle se rende disponible pour lui, toujours prête à satisfaire ses besoins affectifs, il prend du recul et prétend d’être occupé. Monsieur joue au capricieux. Il la blame pour un manque de compréhension et d’empathie . Il veut être écouté en permanence mais ne lui laisse pas la chance de s’exprimer, elle. Il l’accuse de vouloir prendre toujours la parole et d’être incapable d’écouter. Il applique le principe de « la carotte et du bâton » pour la manipuler. De plus, il la fait vivre dans la culpabilité en pensant qu’elle est la cause de tous les malentendus. Qu’elle souffre d’une instabilité émotive alors que le contraire est vrai.

Sa « force » de caractère visible cache un être instable émotionnellement qui souffre d’un certain complexe d’infériorité, et ce pour des raisons que Dieu seul connait.

L’homme vrai est capable de l’accepter comme elle est et ne voit que ses atouts. Il est émerveillé par sa personnalité. Alors que son semblable faible va attribuer sa personnalité à une mauvaise attitude. Ceci n’a rien à voir avec elle. C’est lui!

Malheureusement, son ego masculin le rend aveugle. Son désir maladif du pouvoir mène le jeu.
Qu’il soit oriental ou occidental, ce type d’homme agit de la même façon. Il a les mêmes patterns de comportement. La relation va de pire en pire. L’ambiance devient lourde et pénible à supporter. Le conte de fées prend fin officiellement. Il est remplacé par un sentiment d’étouffement. La frustration devient le mot d’ordre. Elle l’aime mais est incapable de le comprendre!

Par contre, le jour où elle réalise qu’elle est sous l’emprise d’un manipulateur narcissique avide de contrôle, qui trouve du plaisir dans ce jeu pervers, elle sera prête à renverser la table pour revenir à la vie. Sa seule porte de sortie est de prendre la fuite. Inutile d’essayer de le changer ou du moins espérer qu’il pourra changer.

La femme ne demande qu’à être aimée, écoutée des fois et surtout de se sentir importante à ses yeux. C’est simple. Il suffit de lui rappeler qu’elle est belle. De lui tenir la main en public. D’être attentif à ses besoins. La texter pour lui dire qu’il pense à elle, même s’il est débordé de dossiers ou qu’il est occupé avec ses amis. De respecter ses moments de silence et lui permettre de venir d’elle-même à lui. De l’appeler juste pour lui dire que sa voix lui manque.

C’est une recette gagnante. Elle va lui retourner ses attentions par tonnes. Elle va être son amie, sa complice et sa partenaire.
Elle va le soutenir dans tous ses projets. Elle va rendre sa vie meilleure, plus légère, plus le fun. Elle va être en humeur lorsqu’il arrive chez eux le soir. Elle va rire avec lui, le jaser et lui donner plein d’amour.
Elle ne manquera pas une occasion sans lui dire qu’elle l’aime et qu’elle le trouve beau.
Elle ne sera plus jalouse de ses sorties en solo car il la rassure en permanence.

Ce n’est pas difficile à réaliser mais ça prend un minimum d’intelligence émotionnelle et une personnalité ouverte et souple pour rendre cette formule gagnante. Il suffit de transcender son ego masculin s’il veut vivre heureux.

Pourquoi permettre à la tristesse de prendre le bord?
S’il n’est pas capable de mettre en exécution ces simples actions pour pérpetuer la paix et l’amour dans le couple, il vaut mieux rester célibataire et laisser un autre prendre soin d’elle et la rendre heureuse.

Elle positiva et vécut heureuse

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Au cours des dernières semaines, rien ne va. J’ai beau avoir toutes les bonnes intentions du monde pour voir la vie en « rose » mais ce n’est pas le cas. Je broie du noir et ça n’a plus aucun bon sens. Je vois des embûches partout. Je ne vois que du négatif dans chaque situation. Et pourtant, dans beaucoup de cas, la situation peut regorger de belles choses positives.

Mon parcours dans la vie n’était pas facile et malgré que je ne sois plus en mode survie, que je vienne de loin, je porte encore en moi d’anciennes appréhensions. Mais je ne blâmerai pas ça seulement.

«Le bonheur est une décision que nous prenons d’être heureux quoiqu’il arrive.» André Maurois

Sans nécessairement être superstitieuse, j’ai développé une peur insensée d’un bonheur qui peut s’évaporer, d’un bonheur fragile, prêt à s’envoler très loin. Je sais que ce n’est pas réaliste. On dit en anglais « too good to be true », aussitôt que je me retrouve face à face avec une bouffée de bonheur ou de douceur, je commence à chercher les bibittes pour prouver que c’est du non-réel. Juste un simulé! Est-ce que je me base sur du tactile, sur des preuves pour prouver mon hypothèse? Oh que non! Je me base sur des peurs. Je me prive de ces moments agréables à cause de la peur.

Le pire est que j’entraine les personnes les plus proches de mon cœur dans ma chute vers l’enfer. Je n’ai pas le droit de voler leur joie de vivre juste parce que je remets la mienne en question. C’est égoïste de ma part d’agir ainsi. Je le reconnais et ça me rend encore plus triste.

Ce sentiment a l’effet d’une boule de neige qui se nourrit de négativité et a pour but de gâcher notre existence. C’est comme ouvrir une boîte de Pandore. On n’en finit plus!

J’ai bien hâte de retrouver la « moi » pétillante que j’étais. La fille remplie de fougue et qui avait une soif de vivre, avide d’aventures et de découvertes. On me disait avant que je répandais la joie autour de moi tel qu’un rayon de soleil. J’ai décidé de ramener cette fille-là, ici.

Depuis quelques mois, j’ai entrepris des démarches auprès du CLSC (centre local de services communautaires) de ma ville afin d’avoir l’aide d’une travailleuse sociale. La dynamique de ma famille a changé depuis que je me suis séparée du père de mes enfants. J’ai été dépassée par les évènements que j’ai fini par perdre quelques bouts ici et là donc j’ai jugé pertinent d’avoir de l’aide professionnel dans le but d’apprendre à vivre en harmonie en famille à un pôle.

Lors de notre dernière rencontre, je me suis ouverte sur mes préoccupations par rapport à ma négativité et mon cynisme vis-à-vis la vie. J’ai le désir ardent de mettre en place un mécanisme pour contrer les idées peu joyeuses. Un système qui serait capable de déceler l’infiltration de négativité et envoyer des alertes à mon cerveau afin d’agir immédiatement.

J’ai été abasourdie d’entendre mes filles me dire en plein séance qu’elle voudrait ravoir leur maman remplie de vie. C’était le seul et unique souhait qu’elles ont formulé. Je n’ai pas pu empêcher une montée de larmes qui m’a secouée pendant de longues minutes alors que mes deux trésors me serraient dans leur bras et me chuchotaient que ça va bien aller.

Là, pour les deux prochaines semaines, j’ai un devoir à faire. Je dois prendre du recul à chaque fois que je vois venir une situation qui me met en état de panique et que je commence à « négativer » pour ensuite adopter une attitude plus positive et essayer de voir le bon côté de la chose. Ce sera 15 minutes à la fois. Je suis très consciente de la difficulté de cette mission et de la possibilité de rechute mais je ne devrais pas avoir peur. Ça fait partie du cheminement.

J’ai droit au bonheur. Mes êtres chers ont droit au bonheur aussi. Et ensemble, on a droit au bonheur. Je suis entourée par de merveilleux enfants et soutenue par une gang de personnes qui croit en moi!

Il y a beaucoup d’amour autour de moi. On est tous en santé. On ne manque de rien. La vie est belle et doit le demeurer.

C’est en vain qu’on cherche au loin le bonheur quand on oublie de le cultiver soi-même.  Jean-Jacques Rousseau.

Le bilan d’une année passée trop vite

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Dans quelques jours, je célèbre mes 41 ans. Le cap de la quarantaine étant franchi, je suis officiellement une quadragénaire qui commence à se mélanger avec les noms de ses enfants et à oublier l’emplacement de ses cartes bancaires.
Bref, des détails qui n’ont sûrement aucun rapport avec le syndrôme des Quadras (sourire).

Bon, bon, bon…revenons à mon bilan de cette année. Avec un peu de recul, je réalise que cette année est comme les autres. 4 saisons (euh plutôt 2 : l’hiver et juillet vu qu’on est au Québec), 2 changements d’heure, beaucoup de travaux de construction et l’épouvantable trafic en ville.

Sérieusement, on ne se réveille pas le lendemain de notre 40 ans, plus vieux, plus ridé, moins beau ou plus beau (dépendamment du déroulement de la nuit!!!). C’est en grande partie, les choix qu’on fait et les décisions qu’on prend pour les années à venir. Comment on se projette dans le temps.

Mais c’est défini aussi par nos circonstances actuelles. Donc on finit par trouver un juste milieu qui convient à notre situation présente tout en ayant une vision raisonnable du futur (un peu de folie ne nuit pas des fois!!!).

Beaucoup parlent de la crise de la quarantaine. Personnellement, je n’y crois pas. Tu ne peux pas avoir une vie harmonieuse avec ton conjoint ou ta conjointe puis à 40 ans, tu décides de tourner la table et balancer tout dans l’air.

Il faut qu’il y ait un certain fond pour agir ainsi. Des malentendus graves, des chicanes continuelles, de la frustration accumulée etc. C’est juste que rendu à cet âge, on devient plus audacieux. On a plus de guts pour nommer les choses et surtout pour exprimer nos sentiments.

Pour moi, ça a adonné de me séparer à 40 ans! Un pur hasard? Peut-être. Chose est sûre, j’étais prête pour le faire à ce moment précis de ma vie suite à un concours de circonstances.

Si on me demande de qualifier cette année, je répondrais sans hésitation “AUTONOMIE”. C’est le premier mot qui me vient à l’esprit car j’ai développé une autonomie à tous les niveaux. J’avais peur de dépendre d’un homme pour survivre. Ce n’était pas et ce n’est pas le cas. En aucun temps, je n’essaie de minimiser l’importance de la place et du rôle de l’homme dans la vie d’une femme. Je le dis avec tout le respect que j’ai pour ce partenaire de vie. Si je choisis d’être avec quelqu’un, c’est parce que je le veux et non parce que j’en ai besoin. C’est la nuance.

Dans le passé, on m’a souvent répété que “tu ne survivras jamais sans moi, tu es incapable de rien faire sans moi!”. Je tenais à prouver le contraire, surtout à me prouver que ce n’était que de la manipulation pour m’écraser et me dévaloriser.

Poursuivons donc avec ce bilan.

Changer de carrière était sur ma “to-do list” de la quarantaine. Les circonstances et la volonté étaient au rendez-vous, ce qui m’a permis de prendre un différent tournant de carrière. Une promotion! De nouvelles fonctions dans un nouveau ministère qui est proche de ma résidence. Ceci me permet de rentrer plus tôt chez moi et de m’éviter de parcourir la ville de long en large. Une meilleure qualité de vie, quoi!

Malgré ce changement tant désiré, la période d’adaptation demande beaucoup d’énérgie. Mes batteries sont à plat et je suis au ralenti. Revenir chez moi et m’émmitoufler dans une couette sur mon divan pour lire ou écrire est mon activité préférée, ces temps-ci. Tranquillement, je regagnerai mon énérgie et je retournerai à l’activité physique. Pour le moment, je m’écoute et c’est juste parfait.

Côté cœur, c’est les montagnes russes mais aussi la passion et le vrai sens de l’intimité épanouie. Par contre, la formule est claire. Je n’ai plus d’illusions quant au prince charmant. On est bien d’accord qu’il n’arriverait jamais sur son cheval blanc. Peut-être en Benz, en Hunday, en bus ou à vélo . Peu importe le moyen qu’il prendra, il sera bien accueilli à condition qu’il ait beaucoup d’amour pour moi et qu’il soit prêt à m’accepter comme je suis : une femme remplie de blessures et de peurs mais avec beaucoup d’amour à donner aussi..

“Il est des plaisirs en amour pour tous les âges, et des sentiments pour toutes les saisons.”

Le meilleur de cette année c’est la nonchalance par rapport à l’avis des autres à notre égard. Malgré qu’on apprend aussi à se connaitre par le biais des autres, ce qu’ils pensent de nous devient banal, rien qu’un détail qui nous laisse indifférent.
Plus jeune, on avait besoin de l’acceptation des autres. On tenait à leur plaire. À vouloir faire partie d’un cercle auquel on voudrait s’identifier pour faire face à la société. Leur jugement à notre égard nous fichait la trouille.
À 40 ans, ça ne pose plus ce problème. Nos expériences de vie nous ont procuré assez de confiance en soi que faire partie d’un groupe n’a plus sa raison d’être. C’est toujours plaisant de faire partie d’un groupe. Par contre, ce n’est plus une nécessité mais plutôt un choix, un plaisir.
Notre personnalité est déjà assez forgée pour faire face au monde avec notre individualité, notre personne.

“La qualité de notre relation aux autres dépend intrinsèquement de la relation que nous avons avec nous-mêmes” Frédéric Lenoir

On est même en mesure de se retirer volontairement de certaines relations d’amitié si elles ne contribuent plus à notre épanouissement ou si elles créent en nous des appréhensions et des doutes par rapport à son authenticité.

En gros, j’étais en période de rodage et là on passe au sérieux de la quarantaine pour aller chercher plus de sérenité, plus de bonheur et surtout plus de douceur. Je le dis avec le sourire.

“Vous devez accepter la vie comme elle se présente, mais vous devriez essayer de faire en sorte qu’elle se présente comme vous aimeriez qu’elle soit.” (Ancien proverbe allemand)

Réapprendre à vivre en douceur

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Réapprendre à vivre en douceur est le souhait de quiconque ayant vécu un chamboulement majeur dans sa vie. En fait, c’est mon souhait le plus cher.

Toutefois, je ne cesse de trébucher et de manquer mon coup à cause de la colère qui continue à me démanger de l’intérieur.
À certains moments, je me répétais, sans répit, comme un mantra, « je ne mérite pas ce qui m’est arrivé »! Je me laissais aller à la rage au point de m’auto-infliger cette maudite douleur au cœur. De pleurer toutes les larmes de mon âme, assise sur le plancher froid de ma cuisine.

L’expérience n’est pas ce qui nous arrive. C’est ce que nous faisons de ce qui nous arrive.
— Aldous Huxley

Ce n’est pas du remords. Le remords d’avoir pris la décision de partir, de changer de vie. C’est plutôt les résidus d’un deuil mouvementé à tous les niveaux.
Perdre ses repères du jour au lendemain n’est simplement pas une mince affaire!

Cette période d’adaptation demandait beaucoup d’énérgie. Il fallait en plus apprendre à m’occuper de tous les sphères de ma vie. Acquérir certaines compétences qui m’étaient étrangères.
Changer une lampe brûlée par-ci, trouver le réservoir du lave-vitre dans mon auto par-là. Visser une vis défaite, gérer mes comptes au sous près….sans mentionner mon double rôle de père et de mère durant ma semaine de garde.

Il y a eu des moments où j’étais en manque de ressources. Sans aide, absolument seule. Sans personne à qui parler ou demander réconfort et conseil.

Tu as beau avoir 300 amis virtuels mais en vrai vie, tu te retrouves seul et isolé sans une présence physique pour te rassurer ou te donner un petit coup de pouce ou encore une tape amicale dans le dos.

Les amis considérés jadis comme « amis de la famille » prennent leur distance ou choisissent leur camp. La dynamique des relations change et finit par s’estomper pour laisser place aux souvenirs des moments partagés un jour.

Au début, le comportement de certains d’eux me blessait. L’ami qui a partagé ta dinde de l’action de grâce, qui a trinqué avec toi à la santé de cette amitié devient un « perfect stranger ». Il cesse de t’appeler pour prendre de tes nouvelles, il ne t’invite plus à l’anniversaire de son enfant et s’il te croise dans un lieu fréquenté jadis ensemble, un inconfort prend toute la place.

Il faut composer aussi avec cette nouvelle réalité et faire aussi le deuil de ce qui était une source de joie pour toi. Faire le deuil consiste aussi à passer à autre chose. 

De toute évidence, cette réalité nécéssite la formation de nouvelles amitiés et la fréquentation de nouveaux endroits. C’est aussi, en grande partie, adopter de nouvelles habitutes ainsi qu’une routine propre à vous et à votre style de vie.

Dans le fond, il n’y a que du positif dans tout ce chamboulement. Nous sommes offerts une opportunité pour recommencer à neuf telle qu’une naissance. C’est la naissance d’un « je » ou d’un « nous » qui répond mieux à ce que nous sommes devenus.
Les habitudes qui nous tapaient sur les nerfs, ces relations « forcées », ces lieux ennuyeux…ben c’est le moment de les remplacer. Ça permet à de l’air frais de s’infiltrer dans notre vie.

Tout changement est dérangeant dans ses débuts. Il nous brasse si fort qu’il nous sort de notre zone de confort. Après tout, « on ne changera jamais de vie en restant dans notre zone de confort. »

Réapprendre à vivre en douceur c’est en grande partie devenir résilient et accepter ce qu’on ne peut pas changer. C’est aussi pardonner à ceux qui nous ont causé du tort et vivre en paix dans l’âme et de l’amour dans le cœur.

« La résilience est l’art de naviguer dans les torrents. » Boris Cyrulnik

Serait-il possible d’y arriver? Définitivement. J’y crois sincèrement.
Ai-je la volonté pour le faire? Absolument.

La prise de conscience est très importante à ce niveau. Ce qui contribuera à me défaire graduellement de cette colère malsaine, avec chaque nouveau jour.

Avec de la détermination, atteindre un stade de félicité serait possible. Ça me permettrait de savourer les douceurs de la vie et retrouver ma joie de vivre…

http://huffp.st/ZfPjrTY

Apprendre à choisir

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Les débuts sont toujours flamboyants et encore plus quand il s’agit du début d’une relation (d’amitié ou d’amour). Les papillons, les découvertes, les nouvelles promesses font en sorte qu’on flotte sur un nuage de bonheur mais attendez de voir la fin pour que ce nuage se dégonfle et la brume qui aveuglait les yeux disparaisse en laissant place à une réalité crue, sans filtre et décevante.

Vous voyez l’autre, qui était l’objet de votre adulation, la réflexion de vos rêves les plus fous, en chute libre du haut de votre nuage. Cette révélation vous ébahit et vous laisse sans mot.
Comment ai-je pu ne pas le voir venir? Et pourtant, il y avait des signes précoureurs!

Ce n’est pas la fin du monde!

L’important c’est d’apprendre à déceler ces signes et à être plus rationnel. À ne pas se laisser entraîner par les apparences trompeuses, un peu trop pétillantes qui finissent par gruger toute notre énergie afin de continuer à pétiller!

J’ai appris à la dure à me méfier et à tracer une ligne claire dans ma tête entre ce que j’accepte de laisser rentrer dans ma vie et ce qui doit rester de l’autre bord de cette ligne.

Depuis que j’ai appris à choisir mes batailles, je vis mieux avec ce que ces relations peuvent amener (ou pas) au quotidien. Malheureusement, avec notre exposition continue aux réseaux sociaux, on est moins en contrôle de ce qui peut s’infiltrer dans notre cercle, même en choisissant d’établir des limites.
Ceci étant dit, en sachant d’avance ce qu’on accepte ou pas, on peut s’abriter sous notre coquille quand ça ne fait pas notre affaire ou filtrer et laisser pénétrer à l’intérieur de notre bulle ce qui nous convient.

Je ne veux plus de semblant de relation. Je veux uniquement ce qui me ressemble. Mon énergie, je la garde pour ceux qui la méritent et pour ceux qui gardent la leur pour moi.

 » Ne laisse entrer dans le jardin de ta vie que ceux qui ont des fleurs à planter. » Mazouz Hacène

Les dernières semaines, j’ai appris sur moi plus que j’ai appris dans les dernières années. Pour la première fois, je me vois différemment. Je vois la vraie moi qui sait ce qu’elle veut et qui est prête à avancer sans peur, sans hésitation et avec un cœur net. Une conscience tranquille, un rationnel hors de tout doute raisonnable!

En laissant entrer dans ma vie la personne qui a vu en moi ce que je voulais toujours voir en moi, j’ai compris à quel point le rôle que les autres peuvent jouer est primordial : soit constructif ou destructif. Cette personne est prête à se battre pour moi, à investir dans cette relation, à foncer sans peur. Elle ne s’est jamais demandée si je méritais son énergie ou pas. Mon cœur s’est ouvert à tout cet amour et tout cet intérêt sans recul.

Dans un moment de confusion, j’ai eu une révélation soudaine : mes tripes, mon cœur et ma tête sont en harmonie. C’est LUI! Tout en moi criait son nom. J’ai consulté mon cerveau, il approuvait. J’ai consulté mon cœur, même réponse. J’ai consulté mes tripes, oh que oui aussi!

Le début n’était pas flamboyant comme ce que j’ai déjà connu!

C’est rassurant…
À la veille de mes 41 ans, je ne veux plus de flamboyance vide et superficielle. Je veux de l’authentique, du profond, du diversifié, du coloré, du polyvalent, du drôle, du fou….surtout du solide sur qui m’appuyer quand je boîterais!

Mon cœur et ma tête ont si bien conspiré pour une fois et l’ont choisi, LUI! Oui Lui!

« Une illumination soudaine semble parfois faire bifurquer une destinée. Mais l’illumination n’est que la vision soudaine, par l’Esprit, d’une route lentement préparée… »
Antoine de Saint-Exupéry

J’aimerais et je souhaiterais…

Pourquoi ai-je changé? Pourquoi mon cœur se retient-il alors qu’il se laissait aller avec les vagues des sentiments?

Est-ce à force d’être déçue? Ou est-ce à cause de la peur d’être délaissé à nouveau? Dans mon ancienne vie, je n’étais pas une fille jalouse. La jalousie n’est pas un sentiment inné.

Elle s’apprend et se développe avec les expériences de la vie. Présentement, la fille jalouse en moi gâche de beaux moments, de belles opportunités qui s’ouvrent à elle mais c’est plus fort qu’elle.

J’ai été tellement maganée qu’un simple regard dans la direction d’une autre ou qu’une photo trouvée sur un téléphone peut réveiller en moi des incertitudes et des insécurités.

J’ai envie de ne plus l’être. J’ai envie d’être rassurée, pas juste par des paroles mais par des actions concrètes. J’ai simplement envie d’être LA fille, la seule qui comble son cœur et son âme à tel point qu’il n’ait plus besoin des autres. C’est impossible et je le sais. C’est même égoïste, dirais-je! Mais c’est ainsi…

Je voudrais qu’il ne voie que moi. Qu’il me répète que je suis la femme de sa vie. Celle qui le ferait faire ce dont il n’a jamais fait avant elle.

J’aimerais qu’il réalise à quel point je suis vulnérable et qu’il tienne mon cœur aussi délicatement qu’un vase de cristal ou d’une fleur de lotus d’orient.

Je voudrais voir tout l’amour du monde dans ses yeux quand il me regarde discrètement.

Je voudrais qu’il s’ennuie de moi, qu’il me texte pour me dire que mon absence laisse un vide que moi seule peut combler.

J’aimerais qu’il m’aime comme il n’a jamais aimé avant et qu’il me le fasse sentir souvent.

Qu’il m’aime d’un amour aussi fou que réflechi, d’un amour rassasiant, euphorique, frais et vivifiant…Qu’il comprenne mes silences, qu’il vénère mes larmes, qu’il respire mes fous rires, qu’il accepte mes sauts d’humeur, qu’il apprécie ma douceur, qu’il savoure ma voix, qu’il accepte mes différences, qu’il se délecte de mes lèvres, qu’il rende hommage à mon corps…

Je voudrais tant qu’on puisse former une équipe, lui et moi. Qu’on puisse être autant amis qu’amoureux, qu’on forme le noyau solide d’une famille où amour, respect, compréhension, intimité, épanouissement sont au rendez-vous!

Je souhaiterais ne plus avoir peur en amour, ne plus avoir mal, ne plus vouloir prendre la fuite, ne plus douter de ce que je représente à ses yeux, ne plus me sentir menacée par une autre, ne plus avoir peur de le perdre, de nous perdre, de perdre ce que nous formons ensemble.

Je voudrais que mon cœur guérisse et cesse de saigner à la moindre éraflure.

Je voudrais vieillir auprès de lui et pouvoir évoquer nos souvenirs avec une paix au cœur et un sourire au visage en se regardant dans les yeux avec le même amour qui nous mènerait à ce beau moment de notre existence.

Serait-il trop demander à la vie?

Mon cœur de saumon est fatigué de nager à contre courant. Il a besoin de répit, il a besoin d’être balancé tout doucement et a besoin surtout d’être rassuré. Il voudrait croire encore à l’amour et aux contes de fées malgré tout…

 » Rien n’est jamais fini. Il suffit d’un peu de bonheur pour que tout recommence. » Emile Zola

http://m.quebec.huffingtonpost.ca/dina-daher/je-netais-pas-une-fille-jalouse_a_23214160/