Catégorie : Hommage

Fred…le magicien des mots

Depuis plusieurs années, l’envie d’aller voir un spectacle de Fred Pellerin me taquinait. J’ai appris à le connaitre par ses chansons, par ses contes et par ses écrits. Il a réussi à s’infiltrer dans mon âme tellement il est simple, authentique et humain. J’ai beaucoup lu sur son cheminement dans la vie et ça m’a toujours impressionné à chaque fois.

Fred Pellerin…un québécois originaire d’un village de la Mauricie : le fameux petit village de Saint-Elie-de-Caxton « où les lutins et les fées s’écrasent dans les pare-brises le soir ». Ce n’est pas un simple villageois. C’est un magicien. LE magicien des mots. Il est un conteur, un écrivain, un scénariste et un chanteur.

Son village et les gens de son village sont la source de son inspiration. Il raconte leurs histoires et nous les fait vivre : on dirait qu’on connait Riopel le forgeron et sa fille la belle Lurette, Méo le barbier, le curé, Toussaint Brodeur…

Ce qui est merveilleux dans ces contes c’est le mélange entre la réalité et l’imaginaire. Il jongle avec les mots avec une prouesse langagière sans équivalent. Ses improvisations sur scène sont simplement craquantes.

J’ai eu finalement la chance d’aller voir son spectacle « Un village en trois dés ». La naissance de son village ainsi que le comment et le pourquoi. L’histoire c’est que Fred est allé chercher dans les archives l’histoire de la naissance du village. Odette Villemure, la secrétaire et réceptioniste de St-Elie, est la seule qui possède la clé de la « voûte » où se trouvent les archives. Selon lui, « c’est la seule qui pourrait survivre à une attaque nucléaire dans ce bunker. » Il a expliqué lors du spectacle que lorsqu’on appelle au village, on doit faire le zéro, et c’est sur elle qu’on tombe. Il nous a invités même à lui téléphoner, « parce que c’est son genre d’humour ». Il parait que si on appelle pour vérifier, c’est Odette qui répond!!!

Fred m’a fait vivre beaucoup de belles émotions lors de la présentation. J’ai ri jusqu’à avoir mal aux mâchoires. J’ai pleuré aussi. Il y a eu des moments de silence aussi. Des chansons jouées à la guitare. C’est un vrai magicien qui ensorcelle par sa façon de conter. Il rit aussi à ses propres jokes!!! J’ai vibré tout au long du spectacle et je suis sortie émue, heureuse, émotive.

Il est un phénomène qui ne se répète plus jamais…

Lettre à mes trois amours

(De la série d’articles « Capteur de rêve« )

Mes chers enfants de mon coeur, encore une fois, un nouveau 14 février et toujours dans notre nouvelle réalité de famille monoparentale depuis que vous êtes venus au monde.

Vous célébrez cette année loin de moi et moi loin de vous. Un autre changement dans notre vie. Le prix à payer pour vous voir une semaine sur deux.

Toutefois, ce qui n’a jamais changé, c’est l’amour infini que votre mère (ou maman-chef comme m’appelle mon petit Noah 😁) a pour vous.

Permettez-moi de revenir sur ces deux années qui ont chamboulé notre vie pour parler de notre combat d’amour.

Ces dernières années m’ont démontré avant tout que je suis une mère chanceuse d’avoir trois magnifiques enfants qui l’aiment et qui voient en elle une femme forte.

Durant les moments les plus douteux, les plus remplis d’incertitude, de peur, vous m’avez donné le push pour me remettre debout et devenir plus solide. Oui c’est vous.

Je me suis battue pour vous quand tout me poussait à lâcher prise et baisser les bras. J’ai puisé ma force de vous. Oui de vous.

Des fois, vous étiez la mère et moi l’enfant. Vous me preniez dans vos bras pour me consoler, vous me chuchotiez des mots dont l’effet était magique, guérisseur. Vous le faites encore. Vous entendre dire que je suis la meilleure maman au monde alors que je me sentais nulle, incompétente me remplit de bonheur et de fierté.

Vous aviez votre propre combat à mener, vous deviez apprendre à vivre avec une nouvelle réalité, entre les valises, entre deux maisons, perdus entre deux façons de faire, deux mentalités, deux personnalités.

Vous deviez gérer vos déceptions, vos blessures, votre peur et votre insécurité. Vous avez réussi à s’en sortir avec brio malgré tout.

Votre combat n’est pas terminé. Les blessures ne sont pas encore guéries mais ce n’est qu’une question de temps.

J’ai manqué à mon devoir envers vous des fois à cause de mon propre combat. J’ai été égoïste des fois d’avoir pensé à ma propre douleur plus qu’à la vôtre. J’ai essayé du mieux que je pouvais de jouer mon nouveau rôle de mère mais je n’ai pas été parfaite. J’ai aussi mes faiblesses, mes propres peurs et mes angoisses comme tout autre humain.

Sachez que votre mère est ce qu’elle est devenue grâce à vous.

Vous et moi formons une belle équipe, une famille, notre famille à nous.

Rien ne changera cette relation, rien ne diminuera cet amour que j’ai pour vous depuis le premier moment où je vous ai sentis bouger dans mon ventre.

Je suis fière de vous et je vous remercie d’avoir été aussi patients, résilients et ouverts au changement que nous avons tous vécu.

Je vous remercie de croire en moi et de me faire confiance.

Comme dirait Céline Dion, « je nous aime à l’étroit ». Je vous souhaite une bonne St-Valentin.

https://youtu.be/dZ8zU1gvWeQ

Hommage à oncle Louis…un ange au ciel

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Oncle Louis….je l’ai rencontré une fois mais une fois était assez pour tomber sous son charme et l’aimer comme si je l’avais toujours connu.
Le jour où j’ai eu l’honneur de faire sa connaissance, il était hospitalisé. Au moment où il nous a vus entrer, Sébastien et moi, dans sa chambre, il a essayé de se redresser avec un large sourire en lançant un « tabarnouche, vous êtes venus! ».

Malgré sa fatigue et sa maladie, il m’a reçue à bras ouverts. Il m’a serrée fort et m’a dit qu’il était heureux de me rencontrer. C’était tellement réciproque! Je ne voulais pas seulement le rencontrer, je voulais le connaitre aussi!

Moi qui n’avais pas eu la chance de connaître le père de Sébastien, parti trop tôt alors je tenais à rencontrer oncle Louis qui était son parrain et un deuxième père pour lui!
C’était un homme qui avait un don précieux : le don du sourire. Même ses beaux yeux souriaient.
Lors des dernières semaines de sa maladie et ses retours fréquents à l’hôpital, il a fait preuve de beaucoup de courage et de force. Un vrai battant!
Son coeur rempli de vie et d’amour refusait de lâcher la bataille aussi facilement.

Oncle Louis était un homme au coeur d’enfant, généreux et aimant. Un facile à vivre avec un grand sens de l’humour.
Un homme qui a travaillé fort toute sa vie.

Un homme difficile à oublier aussi longtemps qu’on vit!

J’écris ces lignes avec les larmes aux yeux. J’aurais tant aimé le revoir, lui rendre visite chez lui, m’assoir avec lui sur la terrasse de sa maison, l’écouter parler de hockey avec chéri, entendre son rire résonner dans tous les recoins du jardin et rire à ses blagues!

Avant de le quitter à l’hôpital, il nous a pris tous les deux, en même temps, dans ses bras. Un moment qui m’a fort marquée! Il sentait subtilement l’eau de cologne, un détail que je garderai au fond de mon âme.

Oncle Louis a choisi de partir en une belle journée d’été mais il veillera de l’au-delà, sur tous ceux qu’il aime.

À Micheline, Stéphane, Marie-Christine et leurs enfants, Patrice, Mélanie et la petite Sofé, à toute la famille. Aussi à Diane, Ludovick, Sonia et sa famille, je pense fort à vous et je vous envoie beaucoup d’amour.

À mon chéri, Sébastien, pour qui oncle Louis était plus qu’un parrain, c’était son deuxième père, le phare qui le guidait, l’ami qui l’écoutait et discutait avec lui de hockey et d’autres sujets, l’épaule qui le réconfortait, je te serre fort dans mes bras pour te consoler dans ta douleur et te donner tout le courage et l’amour pour surmonter ce vide, pour passer à travers ton deuil….

À oncle Louis, tu resteras toujours dans mon coeur! Je n’ai pas eu la chance de te dire en personne que je t’aimais mais je sais que tu le sais!

« J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.

Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,

Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,

Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,

Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,

Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,

Et, quand j’arriverai,

je mettrai sur ta tombe

Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur. »

Victor Hugo