Catégorie : Confidences

Ce que je veux

On m’a posé une question récemment qui m’a fait brasser les méninges plus que je ne m’y attendais par rapport à ce que je voulais sur le plan personnel. J’ai eu, sur le champ, un moment de blanc. Un doute. Une hésitation. Ça a duré l’espace d’un éclair. Je pensais que ce que je voulais était clair et évident. Pas juste pour moi évidemment mais pour les autres aussi. Je me suis trompée sur toute la ligne.

Il « semblerait » pour certains (qui pensent me connaitre) que je donne l’impression de ne pas savoir ce que je voulais. Pourtant c’est si clair : la moi actuelle est une femme indépendante qui veut être en amour mais qui ne veut pas être étouffée. Et aussitôt que ça commence à l’étouffer, un turn-off instantané. Ciao bye. Pas de négo sur ce plan. Je tiens trop à mon oxygène pour vouloir négocier ces termes-là. Ça me repousse et me pousse loin. Je crois que je l’ai toujours été sans le savoir. Ou je ne l’assumais simplement pas.

Bien sûr que je veux aussi m’engager mais je veux que chacun ait son espace pour s’épanouir en solo afin de pouvoir s’épanouir après, en duo. J’aimerais également bâtir une belle relation basée sur la confiance, la complicité, la légèreté, les beaux moments, l’écoute, le partage, la douceur, l’affection, le soutien mutuel, la compréhension, l’acceptation de la liberté de l’autre. Je veux la chaleur d’une étreinte avant le dodo aussi.

Si moi ou mon partenaire avons le goût de partir chacun de son bord, sans l’autre, en voyage, à l’aventure, en vacance ou peu importe où et pourquoi, que ce soit possible, en toute LIBERTÉ et CONFIANCE sans avoir à justifier à l’autre sa décision. Après tout, se laisser pour mieux se retrouver. Par contre, ça ne veut pas dire que faire des choses à deux ne m’est pas important!

Je veux une relation où l’autre est capable de continuer de vivre sa vie en mon absence sans que la terre ne cesse de tourner. C’est réciproque pour moi.

Une relation qui se renouvelle à tous les jours, qui me sort de ma zone de confort, qui m’apprend de nouvelles choses. Une relation qui résiste à la routine même si cette dernière est réconfortante. Simplement une relation qui ressemble à une aventure où le petit « humph » est là. Tsé ce brin de folie qui fait briller les yeux, où le plaisir et l’excitation de la découverte sont au rendez-vous tout au long?

J’ai fini par comprendre pourquoi mes anciennes relations étaient vouées à l’échec. À vouloir trop me contenir dans un cadre m’a juste repoussée. À vouloir trop m’entourer, j’ai fini par dériver au loin. J’ai une âme de gitan. Une âme libre comme l’air. Pourquoi est-il si difficile à le comprendre? Je veux que ma bulle soit respectée. Ça peut faire peur à certains. Mais je le dis souvent, le bon n’aura pas peur.

J’ai souvent donné la recette secrète : m’apprivoiser à la manière du renard du Petit Prince. Un jour à la fois. S’approcher d’un pas. Se regarder dans les yeux. Apprendre à se connaitre par étape, sans brûler les étapes.

« L’Autre n’est pas là pour combler un vide, un manque ou corriger un quelconque distorsion inhérente à notre histoire personnelle que nous n’avons pas entrepris de traiter, de guérir. L’Autre n’est là qu’en tant que relais de transmission des énergies d’Amour que vous voudriez bien donner à l’Univers. C’est en donnant à l’Autre que l’Amour au sein du couple s’accroit et participe à l’expansion de la Conscience. » Meri Kama

Les choix qu’on fait

On me demande souvent si je regrette mon choix d’être partie, si j’aurais dû rester, continuer à jouer mon rôle d’épouse heureuse et prétendre qu’on est la famille parfaite que beaucoup de notre entourage jalousait. Je répondais pratiquement et systématiquement tout le temps par un NON sûr. À vrai dire, je le regrette. J’aurais dû le faire plutôt.

Je me suis battue pour une cause perdue d’avance et j’ai fini par lâcher prise. En fin de compte, c’était déjà fini depuis quelques années. On ne peut pas réssusciter un mort. Mais, on restait pour sauver les meubles. Parce qu’on a honte de dire qu’on a échoué. Et parce qu’une rupture coûte cher. Surtout, on reste pour les enfants. C’est cliché, non?

On s’habitue à vivre « à peu près ». Après tout, c’est notre zone de confort pas trop confortable. Mais au moins, on sait à quoi s’attendre à chaque matin. Il n’y a rien de nébuleux ou d’ambigu. Attendre trop longtemps empire la situation et envenime la vie de toute la famille. Attendre trop longtemps appronfondit les blessures et fait en sorte que la récupération après devienne plus difficile, plus longue aussi.

Je ne dis pas qu’il fait baisser les bras facilement. Qu’il faut plier bagage au moindre désaccord. Qu’il ne faut pas se battre pour sauver son couple et par la bande sa famille.

Quand tu décides de partager la vie d’une autre personne, tu ne penses pas qu’un jour, peut-être, il y aura une fin. Tu t’investis et tu te permets de rêver au coucher du soleil qu’on va observer, main dans la main, sur la terrasse de la maison familiale où les cris joyeux des petits-enfants résonneront dans ses recoins. On aimerait vieillir ensemble et se soutenir dans les adversités et les bobos de la vieillesse. Qui ne pense pas à ça? Qui ne le souhaite pas?

Est-ce qu’on choisit exprès de ne plus s’aimer et de partir? De briser la famille? Non. Quand l’amour s’évapore et le bonheur se transforme en illusion, tout s’effondre. On vit en parallèle. On continue à avancer mais sans se rejoindre. En géométrie, les parallèles ne se rencontrent jamais. C’est le cas de pas mal de couples de nos jours. C’est malheureux. Mais c’est une réalité. La plupart des camarades de classe de mon gars ont « deux maisons ». C’est révélateur.

On s’oublie et on oublie l’autre à cause de nos responsabilités au quotidien. Comme toute autre chose, il faut entretenir son couple pour qu’il continue à l’être. Il se nourrit de chaque effort entrepris à son égard. Et lorsqu’on le tasse de côté, il se fâne, faiblit et finit par ne plus exister.

L’amour, c’est la base. Et la base doit être entretenue régulièrement pour continuer à supporter la charpente. Par contre, il faut que les deux partenaires de vie le veuillent et le désirent. Si l’un des deux décide de débarquer, plus rien à faire. Personne ne peut être forcé de rester et d’essayer.

Ce n’était pas aussi simple comme choix. Je l’ai fait et je ne le regrette pas. Comme je l’ai mentionné plus haut, mon regret c’est d’avoir attendu longtemps en espérant qu’un miracle nous tombe dessus. Ce n’est pas arrivé. À la place, nos coeurs ont dérivé, nos chemins ont divergé.

Aujourd’hui, je suis une femme heureuse. Épanouie. Libérée. J’ai reconstitué une famille avec mes trois enfants. Il y a des jours où c’est plus difficile que d’autres. Comme dans n’importe quelle autre famille. Mais nous avons réussi grâce à notre résilience et à notre joie de vivre innée. J’aimerais être en couple, un jour. Ré-avoir la maison familiale dont je rêve. Mais je ne forcerai pas les choses. Ça arrivera quand ça arrivera. Entre temps, je savoure ma nouvelle vie. Je suis bien et comblée. Je m’épanouis au fil des jours. Je dis non à ce que je ne veux plus. Et je reçois à bras ouverts ce que je veux. Être bien avec soi est la première condition pour être bien avec une autre personne. Je ne prends plus rien pour acquis. Je suis consciente que le bonheur est fragile. Donc je vis à fond les petits moments de bonheur que la vie m’offre en cadeau.

C’est le choix que j’ai fait : me choisir. J’ai choisi aussi d’être heureuse en adoptant une attitude de gratitude. C’est reconnu que les personnes reconnaissantes sont des personnes plus heureuses.

« Quand je suis inquiet et que je n’arrive pas à dormir, je compte mes bénédictions au lieu de compter les moutons, et je m’endors en comptant mes bénédictions. » Irvin Berlin

https://youtu.be/n43T56Z01Mk

Les départs et moi…

La vie est comme une grande salle d’attente dans une station de train. Tu y croises plein de personnes qui attendent leur voyage. Des fois, tu as le temps de les apprivoiser. De les connaitre un petit peu plus. Ou de bien les connaitre. Et tu t’y accroches un peu. Trop même, des fois. Mais vient le temps de les voir partir avec leur valise remplie de souvenirs de tous ces passages, de tous ces voyageurs croisés pendant leur attente à la gare.

Ta valise aussi se remplit. Chacune de ses personnes te laisse une partie d’elle et emporte avec elle une partie de toi. Les morceaux de ton cœur finissent par être éparpillés aux quatre coins du globe. Et bienvenue à la nostalgie de ces moments révolus à jamais qui t’ont empli d’une gamme d’émotions qui te marquent longtemps..

J’ai toujours eu, au cours de ma vie, de la difficulté à gérer les moments de départ. Particulièrement celui de ceux avec qui j’ai tissé un lien, quelqu’il soit petit. Personne ne passe inaperçu ou insignifiant dans ma vie. Chacun a une place bien à lui et qui n’est pas remplaçable.

D’autres pourront venir, jouer un autre rôle, laisser leur marque mais personne ne prend la place de personne.

J’essaie de remonter dans le temps pour comprendre pourquoi je suis si troublée par les départs. Je n’arrive pas à trouver la cause. Je suis née et j’ai vécu dans une famille stable, fonctionnelle et très soudée. En tant qu’enfant, je n’ai jamais été délaissée par un adulte. J’ai toujours été bien entourée par la grande famille aussi. Les oncles, les tantes, les cousins, les cousines, les grands-parents et même les voisins! C’est pour dire que je ne connais pas l’origine de ce trouble-là. Étais-je délaissée dans une ancienne vie? Je crois au voyage de l’âme donc tout est possible comme hypothèse. Un jour, je laisserai l’hypnose me donner une réponse quant au début. Peut-être je comprendrais un jour ma « géographie sentimentale » qui définit le périmètre de mon monde émotionnel assez complexe.

Les départs me perturbent. C’est plus qu’un fait. Je fuis le moment fatidique comme on fuit la peste. Ça réveille en moi des peurs et des appréhensions que je ne comprends pas.

Et pour moi, il doit y avoir un rituel. Idéalement une carte sur laquelle je déverse mon cœur au complet, accompagnée d’un cadeau de départ “coup de cœur” qui s’accorde avec la personnalité et les intérêts de la personne. Je mijote longtemps l’idée du cadeau et pendant ce temps, c’est toutes mes émotions qui me chambardent.

Toujours, dans ces moments troublants, les mots du renard, que le Petit Prince a apprivoisé, me reviennent à l’esprit, “tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé!”. Ça résume tout ce que j’essaie de livrer comme message dans ce texte.

Chacun d’entre nous exprime ce qu’il ressent à sa manière selon sa personnalité, son histoire et ses expériences de vie. Certains tournent la page et passent à autre chose. Ils disent au revoir de loin à la personne qui embarque dans le wagon pour entreprendre un nouveau voyage, vers une nouvelle destination puis continuent leur vie. D’autres, comme moi, restent debout sur le quai, à regarder le train disparaitre, emportant une partie d’eux dans la valise et en laissant libre cours à ses larmes. Une façon de se purifier de la douleur du détachement.

Malgré tout ce que je peux vivre d’éprouvant, je suis consciente que la vie nous offre le bonheur de nouvelles “trouvailles” ou connaissances pour contrebalancer nos “pertes”. Chaque personne qui continue son voyage sans nous avait quelque chose à nous apprendre. Il poursuit après son chemin car son mandat est venu à échéance.

Chaque rencontre est un rendez-vous du destin. Personne ne croise notre passage sur terre par coincidence. Un jour ou l’autre, on saura pourquoi. Entre temps, j’apprends à apprivoiser ceux qui restent et à apprécier chaque moment passé avec eux sans trop m’attarder sur ce que je ne peux pas contrôler. J’apprends également à me détacher en douceur de ceux qui partent vers une nouvelle destination en gardant en moi le souvenir des beaux moments vécus auprès d’eux. À lâcher prise tout simplement…

C’est ça la vie. Une grande station de train. Les “bonjour” et les “au revoir” en font et en feront toujours partie. Les émotions qui bouleversent de fond en comble aussi…

Confidence de l’aube…

La vie est très bien faite. Tout fonctionne selon un plan bien défini qu’on ne connait nécessairement pas. Elle t’ôte quelqu’un mais t’offre un autre, qui est meilleur pour toi. Elle te prive de quelque chose pour te donner autre chose, de mieux.

Lorsque nous ne comprenons pas le pourquoi, nous avons tendance à la maudir pour nos pertes. À nous rebeller contre elle. Alors que, dans le fond, elle nous enlève ce qui ne nous convient pas. Ce qui n’est pas dans notre intérêt ou pour notre bien.

Après quelque temps, lorsque la poussière aurait tombé, nous sentons un soulagement, un fardeau qui a été retiré de nos épaules. Telle ou telle personne qu’on a pleuré sa perte nous alourdissait la vie et nous rendait malheureux (des fois sans le savoir). Telle chose que nous n’avons pas pu obtenir allait peut-être nous endetter plus (à titre d’exemple) ou n’allait pas nous servir à ce qui nous est utile. Même chose pour la job.

En amour, j’ai fait toutes les guerres possibles pour être là où je suis aujourd’hui. J’ai perdu plus que j’ai gagné. La perte était toujours douleureuse mais reste surmontable. Rien qui ne peut empêcher de vivre et continuer d’apprendre. Je me questionnais souvent sur ce que chacune des pertes devait m’apprendre sur moi. Là après tant, je réalise pourquoi. Aucune de ces personnes n’a été faite pour moi.

À un moment donné, j’étais en état de colère suivie de peine. Je me répétais “pourquoi je ne peux vivre ce que les autres vivent”. Ça devenait comme une mantra.

La vie me préparait pour ce qui est de meilleur pour moi. Elle me préparait pour être une meilleure femme pour l’homme de ma vie. Tous ceux passés dans mon petit monde ont ajouté un petit quelque chose, chacun à sa manière pour faire de moi ce “patchwork vivant”(un terme que je trouve rempli de sens), la femme que je suis aujourd’hui.

L’homme de ma vie…. Il a l’air de quoi? Comment est-il différent? Comment peut-on savoir d’avance que c’est LUI?

Lorsque cette petite voix au fond du ventre ne déclenche pas l’état d’urgence. Lorsqu’elle ne sème pas le trouble dans ta tête et le doute dans ton coeur au point que tu veuilles prendre la fuite. Lorsqu’elle te dit, pour la toute première fois, de ne pas foirer cette fois-ci et de bien agir. Et finalement, lorsqu’elle te chuchote doucement “enfin il est là!”.

Ceux qui ne croient pas à la voix ou qui ne sont pas habitués à l’écouter assez attentivement pour détecter ce qui cloche (ou pas) diront que je délire. Que je vais trop vite. Que je suis intense (ben oui je le suis!!!). Leur problème!

En effet, cet homme-là existe bel et bien mais lui aussi, avait son cheminement à faire. Ses expériences à vivre. Ses leçons à apprendre. Il est tout ce qu’il est à cause de ça. Chaque femme qui a croisé son chemin a rajouté son grain de sel et lui a appris quelque chose sur lui. Elles l’ont préparé pour devenir l’homme de ma vie.

Comment pourrai-je en être aussi certaine? Je ne sais pas mais je le ressens. Il me dit que je suis la version féminine de lui! Ben j’ai ressenti la même chose. Il est la version masculine de moi.

Il sort du lot. Il se démarque. Il a compris assez tôt que pour accéder à mon monde, il faut commencer par me rassurer. Il faut gagner ma confiance. Il ne faut laisser AUCUN doute planer dans mon cœur par rapport à ses intentions envers moi.

Lui, contrairement aux autres, il l’a compris! Ma petite voix est satisfaite, voire heureuse. Elle veut prendre congé pour me donner un répit et me laisser explorer cet homme sans crainte. Lui donner la chance de m’apprivoiser à la façon du Petit Prince avec le renard. Un jour à la fois. Un peu à la fois.

Je n’énumèrerai pas les qualités de cet homme aujourd’hui. Par contre, je sais, au plus profond de moi, que je n’aurai plus jamais peur avec lui à mes côtés. Il sera ma famille, mon pays et mon Nord. C’est ça qu’être l’homme de la vie d’une femme…

« Quand tu aimes quelqu’un, tu le prends en entier, avec toutes ses attaches, toutes ses obligations. Tu prends son histoire, son passé et son présent. Tu prends tout, ou rien du tout. » R.J ELLORY

https://youtu.be/tYXWc2oBBcE

Entre les non-dits et les dits-de-trop…

Dans ma vie, j’ai soit trop dit ou pas assez dit. Et dans les deux cas, j’ai fini par perdre. J’ai perdu des personnes car j’ai trop dit. Mais aussi d’autres car je n’ai pas assez dit pour les retenir.

Il y a des fois où je me suis barricadée dans un silence impénétrable en regardant l’autre tourner le dos et quitter. Ce n’était pas par caprice. Mais plutôt par peur d’avoir mal, par manque de confiance, pour des raisons que je ne connais pas…Les non-dits deviennent notre ennemi suprême.

Dans une ancienne vie, le silence était mon refuge, ma zone de confort, mon lieu de culte. Je n’avais pas à me justifier ou à m’expliquer car ça ne donnait rien de le faire. Ça blessait plus que toute autre chose. Je n’avais même pas à m’exprimer sur ce qui mijotait à l’intérieur de moi. Ça ne donnait rien non plus. Donc, j’ai développé le réflexe de me taire quand je me sentais en danger (émotionnel ou psychologique).

Par contre, la médaille avait son côté sombre. Avec le temps, j’ai perdu mon droit à la parole et à l’expression. J’ai perdu sur toute la ligne car je voyais passer des choses devant moi et je ne disais plus rien. Je perdais beaucoup de mes droits au quotidien. On prenait mon silence pour un oui non formulé officiellement. Mais il reste un OUI car il n’y avait pas de NON. Plus tard, j’ai perdu des personnes car je n’ai rien dit pour les garder alors que j’avais beaucoup à leur dire.

Le jour où je suis sortie du silence, on m’avait regardée de travers. J’étais devenue à leurs yeux une extra-terrestre, une ingrate, un mouton noir…je ne peux pas dire que ça m’a trop affectée. Je ne me suis pas tue ben ben depuis!!! Bref, un détail…

D’autre part, les mots dits en trop sont comme le couteau à double tranchant. Je pensais qu’en tout dévoilant, en étant transparente et “nue”, je pouvais créer des liens de confiance avec l’autre.

Malheureusement, ce n’est pas le cas. De un, en disant trop, ça me mettait en position de devoir me justifier tout le temps. De deux, je fournissais sans le savoir, sur un plateau d’argent, mes faiblesses et mes points vulnérables. Ça servait comme outil à l’autre pour m’atteindre.

Ce n’est pas toujours le cas. Les personnes sont différentes l’une de l’autre. Mais grosso modo, c’est la topo de la situation!

Depuis que j’ai entamé un processus de cheminement personnel, il y a deux ans, j’essaie de balancer entre ces deux extrêmes. Choisir mes mots, d’un côté et ne plus rester dans le silence, de l’autre. Trouver le parfait équilibre entre les non-dits et les dits-de-trop.

On est faits de toute notre histoire. On est la somme de nos expériences, de nos déceptions, de nos réussites, de nos tristesses, de nos joies, de nos ambitions, de nos rêves, de nos blessures….

Les résidus qui restent ne veulent pas dire qu’on n’est pas guéris. Ils veulent seulement dire qu’on a maturé et on ne veut plus souffrir. On est devenus plus sages. Plus réfléchis (bon, ce n’est pas toujours vrai!! Des fois…). Plus vigilants.

Ça me blesse d’entendre que si j’ai peur ou j’hésite vis-à-vis de l’amour et des relations, c’est parce que mon passé n’est pas réglé. Que je ne suis pas guérie. C’est si facile à dire. À émettre des hypothèses. Des préjugés. Je ne suis plus celle qui était il y a deux ans. Mes blessures m’ont apprises à écouter cette petite voix dans le ventre, qui connait tout. Avant, je l’ignorais. Et quand je butais à un mur, je me disais, pendant que je ramassais les morceaux de mon cœur brisé et j’essuyais mes larmes brûlantes, qu’il fallait l’écouter…Là, je l’écoute plus souvent. Tout simplement. Et c’est très sain…

« La peur de l’inconnu, la peur de l’imprévisible, la peur de ne pas savoir, de ne pas être aimé, d’être abandonné tenaille la plupart d’entre nous et nous entraîne le plus souvent à des conduites défensives, oppressives ou agressives. Mais si nous nous rappelons que la grande fonction des peurs est de cacher les désirs, nous pouvons alors tenter de retrouver le désir qu’il y a derrière chaque peur et de dynamiser autrement notre vie. Un changement vital sera de réaliser ce pivotement intime, de découvrir qu’être et rester dans la peur, c’est se paralyser ou déclencher une fuite en avant, et qu’être dans une dynamique du désir, c’est être dans une énergie expansive, un mouvement vers l’autre, vers la vie, vers l’infini de l’horizon. » Jacques Salomé

Poème coquin

Je ferme les yeux, tu es presque là,
Je ressens la braise de ta passion de l’au-delà.
Ton étreinte remplie d’amour me comble,
Ta voix chuchotant mon nom me fait fondre
Loin! mais proche en pensée, tu fais naître ma volupté.

Tes va-et-vient imaginaires en moi
Me laissent en total émoi
Chaque mouvement de ton bassin contre le mien
Déclenche un tourbillon de folles sensations, me fait du bien
Et s’empare de ce qui reste de ma lucidité.

Tes mains s’aggripant fort à mes hanches
Pour augmenter mes frissons en avalanche.
Mes lèvres pulpeuses cherchant les tiennes
Ton regard plongeant dans mes prunelles châtaigne
Les enveloppant d’une tendre sérénité.

Je veux ressentir tout ce que tu ressens,
Je rêve de voir monter ton désir tout doucement
Contempler ton intense plaisir que mon corps voudrait t’offrir
Serait mon plus beau cadeau de l’éternité.

En pause des mots

Quand les mots ne sont plus appropriés.

Quand ils m’étouffent au lieu de me soulager.

Quand ils se vident d’emblée,

De tous les sens qui leur sont attribués .

Quand ils ne sont plus à la hauteur,

De la tourmente remuant des vagues dans mon cœur.

Je préfère me taire,

Je préfère ne plus m’en faire.

Je choisis le silence pour honorer ma valeur,

Et pour réconforter ma grande peur.

Je choisis le silence pour rendre hommage à toutes les guerres jouées

Ainsi que les victoires que j’ai remportées,

Tout au long de mes 41 ans d’existence mouvementée.

Je choisis le silence car les mots insultent ma douleur!