Les départs et moi…

La vie est comme une grande salle d’attente dans une station de train. Tu y croises plein de personnes qui attendent leur voyage. Des fois, tu as le temps de les apprivoiser. De les connaitre un petit peu plus. Ou de bien les connaitre. Et tu t’y accroches un peu. Trop même, des fois. Mais vient le temps de les voir partir avec leur valise remplie de souvenirs de tous ces passages, de tous ces voyageurs croisés pendant leur attente à la gare.

Ta valise aussi se remplit. Chacune de ses personnes te laisse une partie d’elle et emporte avec elle une partie de toi. Les morceaux de ton cœur finissent par être éparpillés aux quatre coins du globe. Et bienvenue à la nostalgie de ces moments révolus à jamais qui t’ont empli d’une gamme d’émotions qui te marquent longtemps..

J’ai toujours eu, au cours de ma vie, de la difficulté à gérer les moments de départ. Particulièrement celui de ceux avec qui j’ai tissé un lien, quelqu’il soit petit. Personne ne passe inaperçu ou insignifiant dans ma vie. Chacun a une place bien à lui et qui n’est pas remplaçable.

D’autres pourront venir, jouer un autre rôle, laisser leur marque mais personne ne prend la place de personne.

J’essaie de remonter dans le temps pour comprendre pourquoi je suis si troublée par les départs. Je n’arrive pas à trouver la cause. Je suis née et j’ai vécu dans une famille stable, fonctionnelle et très soudée. En tant qu’enfant, je n’ai jamais été délaissée par un adulte. J’ai toujours été bien entourée par la grande famille aussi. Les oncles, les tantes, les cousins, les cousines, les grands-parents et même les voisins! C’est pour dire que je ne connais pas l’origine de ce trouble-là. Étais-je délaissée dans une ancienne vie? Je crois au voyage de l’âme donc tout est possible comme hypothèse. Un jour, je laisserai l’hypnose me donner une réponse quant au début. Peut-être je comprendrais un jour ma « géographie sentimentale » qui définit le périmètre de mon monde émotionnel assez complexe.

Les départs me perturbent. C’est plus qu’un fait. Je fuis le moment fatidique comme on fuit la peste. Ça réveille en moi des peurs et des appréhensions que je ne comprends pas.

Et pour moi, il doit y avoir un rituel. Idéalement une carte sur laquelle je déverse mon cœur au complet, accompagnée d’un cadeau de départ “coup de cœur” qui s’accorde avec la personnalité et les intérêts de la personne. Je mijote longtemps l’idée du cadeau et pendant ce temps, c’est toutes mes émotions qui me chambardent.

Toujours, dans ces moments troublants, les mots du renard, que le Petit Prince a apprivoisé, me reviennent à l’esprit, “tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé!”. Ça résume tout ce que j’essaie de livrer comme message dans ce texte.

Chacun d’entre nous exprime ce qu’il ressent à sa manière selon sa personnalité, son histoire et ses expériences de vie. Certains tournent la page et passent à autre chose. Ils disent au revoir de loin à la personne qui embarque dans le wagon pour entreprendre un nouveau voyage, vers une nouvelle destination puis continuent leur vie. D’autres, comme moi, restent debout sur le quai, à regarder le train disparaitre, emportant une partie d’eux dans la valise et en laissant libre cours à ses larmes. Une façon de se purifier de la douleur du détachement.

Malgré tout ce que je peux vivre d’éprouvant, je suis consciente que la vie nous offre le bonheur de nouvelles “trouvailles” ou connaissances pour contrebalancer nos “pertes”. Chaque personne qui continue son voyage sans nous avait quelque chose à nous apprendre. Il poursuit après son chemin car son mandat est venu à échéance.

Chaque rencontre est un rendez-vous du destin. Personne ne croise notre passage sur terre par coincidence. Un jour ou l’autre, on saura pourquoi. Entre temps, j’apprends à apprivoiser ceux qui restent et à apprécier chaque moment passé avec eux sans trop m’attarder sur ce que je ne peux pas contrôler. J’apprends également à me détacher en douceur de ceux qui partent vers une nouvelle destination en gardant en moi le souvenir des beaux moments vécus auprès d’eux. À lâcher prise tout simplement…

C’est ça la vie. Une grande station de train. Les “bonjour” et les “au revoir” en font et en feront toujours partie. Les émotions qui bouleversent de fond en comble aussi…

14 réflexions sur “Les départs et moi…

  1. Décidément Dina, on se ressemble… Moi aussi j’ai beaucoup de mal avec les départs et les séparations. Je viens de laisser mon fils de 20 ans à la gare, il part pour un mois chez son père à Paris pour un stage et il n’était pas bien, très fatigué après les examens et le manque de sommeil et aussi je crois la peur de passer un mois entier chez son père et vraiment je ne me sens pas bien ! mais même quand tout va bien j’ai beaucoup de mal…Bon, moi je sais pourquoi ! On est en chemin…Bisous ma belle !

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    1. Ça va bien aller ma belle. Lâche-prise et profite pour te reposer et faire ce que tu as le goût de faire. Je ne suis pas la pro à faire ça par rapport à mon trio mais ça se passe assez bien. Prends soin de toi et gros câlins!

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  2. Coucou Dimanche,
    J’aime beaucoup ton article
    Cela me rappelle un principe bouddhiste que j’ai eu la chance de découvrir à un moment très douloureux de ma vie.
    Quand j’avais 23 ans,ma grand-mère chérie a été diagnostiqué Alzheimer.
    L’idée que notre relation d’amour si puissante soit ébranlée par la maladie me désespérait . À cette époque j’allais écouter des enseignements de lamas tibétains, et j’ai entendu parler du non-attachement.
    C’est un concept très fort que j’ai mis en pratique et qui m’a aidé à mieux accepter les mauvais côtés de la vie. Je pratique le non-attachement, même avec mes enfants. Je les adorent, elles sont mes soleils,mais je n’oublie pas que la vie est impermanence, alors je goûte à l’exquise saveur de l’instant présent !
    Et puis l’amour se fout pas mal de nos géographies terrestres, il ne connaît pas les frontières, le temps, les langues…Il est plein et entier. Il tisse des liens invisibles pour l’oeil nu qui brillent seulement dans le coeur de ceux qui en acceptent la possible brûlure.
    Des bises de moi😘😘😘

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    1. Bonjour Corinne, merci pour ton super message. Ma spiritualité me rapproche bcp des lignes directrices de ses enseignements d’après ce qu’on me dit. Pour le moment, j’essaie d’apprendre à me connaitre plus sans être influencée tt de suite. Je découvre à l’intérieur de moi des réponses à des questions qui m’ont tourmentée longtemps par rapport à mes croyances spirituelles. J’ai l’intention d’aller en automne 2019 aux Himalayas et visiter le Tibet est ds mes plans les plus chers. Je cherche à me ressourcer ds la nature, dans les montagnes et à communier avec l’univers loin des humains. C’est un appel très fort en moi. Je sais que je vais trouver des réponses là-bas. Le concept du détachement n’est pas encore mûr en moi. Je le gère encore difficilement mais j’ai bcp cheminé à ce niveau. Surtout par rapport aux enfants et la garde partagée avec leur père. C’était très douleureux au départ. Surtout savoir qu’ils vivent de nouvelles choses sans moi. Je me sentais trahie et blessée mais j’ai appris à gérer mieux la situation et accepter de lâcher-prise sur ce que je ne peux pas contrôler. Accepter qu’une partie de leur quotidien ne m’appartient plus. Bref, c’est pas facile mais c’est bcp mieux qu’il y a 2 ans.
      Bisous du Québec et bonne semaine😘🌷☀️

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      1. Merci aussi pour ton super message!!
        Tu sais, je ne suis pas bouddhiste, mais il ya des concepts qui me parlent, et que j’ai expérimenté.
        Depuis que je pratique le yoga, j’ai aussi découvert que la sagesse hindou par certains côtés est très brillante. En soit, la philosophie du yoga est très riche. Il est question de beaucoup vivre l’instant présent, d’accepter les choses, de prendre du recul sur des évènements, d’être en état de témoin, d’observer, de développer l’attention pour renforcer la concentration, d’appréhender corps/esprit/mental de manière totalement holistique….Tout n’est pas à prendre au pied de la lettre car cette discipline est plusieurs fois millénaire (donc parfois totalement désuette), mais…il y a beaucoup de bonnes choses.
        Si je n’avais qu’un seul livre à te conseiller dans ce domaine ce serait, L’arbre du yoga de BKS Iyengar, l’approche est sublime!!
        Je te souhaite un jour d’aller au Tibet et aussi peut-être au Népal, qui sait ?
        Pour tes enfants, je peux imaginer combien cela doit être difficile de gérer émotionnellement une garde séparée. Mais je peux seulement imaginer, par chance nous formons avec mon mari et mes deux filles, une famille très unie.
        Je t’embrasse Dina
        Des bisous du Sud-Ouest de ma France
        Co

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  3. Tout comme toi j’ai du mal avec les départs. J’ai toujours peur qu’ils soient sans retour. Un jour, la personne est là et l’autre, elle n’est plus. Là ou dans ma vie.
    Çà a peut-être avoir avec la mort. Je ne sais pas, je m’interroge toujours.
    J’aime toutefois les lieux de départs car ils sont aussi plein de retrouvailles. Et les retrouvailles c’est quand même magique. C’est la vie qui défie la peur, le vide!

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