Mois : mai 2018

Les choix qu’on fait

On me demande souvent si je regrette mon choix d’être partie, si j’aurais dû rester, continuer à jouer mon rôle d’épouse heureuse et prétendre qu’on est la famille parfaite que beaucoup de notre entourage jalousait. Je répondais pratiquement et systématiquement tout le temps par un NON sûr. À vrai dire, je le regrette. J’aurais dû le faire plutôt.

Je me suis battue pour une cause perdue d’avance et j’ai fini par lâcher prise. En fin de compte, c’était déjà fini depuis quelques années. On ne peut pas réssusciter un mort. Mais, on restait pour sauver les meubles. Parce qu’on a honte de dire qu’on a échoué. Et parce qu’une rupture coûte cher. Surtout, on reste pour les enfants. C’est cliché, non?

On s’habitue à vivre « à peu près ». Après tout, c’est notre zone de confort pas trop confortable. Mais au moins, on sait à quoi s’attendre à chaque matin. Il n’y a rien de nébuleux ou d’ambigu. Attendre trop longtemps empire la situation et envenime la vie de toute la famille. Attendre trop longtemps appronfondit les blessures et fait en sorte que la récupération après devienne plus difficile, plus longue aussi.

Je ne dis pas qu’il faut baisser les bras facilement. Qu’il faut plier bagage au moindre désaccord. Qu’il ne faut pas se battre pour sauver son couple et par la bande sa famille.

Quand tu décides de partager la vie d’une autre personne, tu ne penses pas qu’un jour, peut-être, il y aura une fin. Tu t’investis et tu te permets de rêver au coucher du soleil qu’on va observer, main dans la main, sur la terrasse de la maison familiale où les cris joyeux des petits-enfants résonneront dans ses recoins. On aimerait vieillir ensemble et se soutenir dans les adversités et les bobos de la vieillesse. Qui ne pense pas à ça? Qui ne le souhaite pas?

Est-ce qu’on choisit exprès de ne plus s’aimer et de partir? De briser la famille? Non. Quand l’amour s’évapore et le bonheur se transforme en illusion, tout s’effondre. On vit en parallèle. On continue à avancer mais sans se rejoindre. En géométrie, les parallèles ne se rencontrent jamais. C’est le cas de pas mal de couples de nos jours. C’est malheureux. Mais c’est une réalité. La plupart des camarades de classe de mon gars ont « deux maisons ». C’est révélateur.

On s’oublie et on oublie l’autre à cause de nos responsabilités au quotidien. Comme toute autre chose, il faut entretenir son couple pour qu’il continue à l’être. Il se nourrit de chaque effort entrepris à son égard. Et lorsqu’on le tasse de côté, il se fâne, faiblit et finit par ne plus exister.

L’amour, c’est la base. Et la base doit être entretenue régulièrement pour continuer à supporter la charpente. Par contre, il faut que les deux partenaires de vie le veuillent et le désirent. Si l’un des deux décide de débarquer, plus rien à faire. Personne ne peut être forcé de rester et d’essayer.

Ce n’était pas aussi simple comme choix. Je l’ai fait et je ne le regrette pas. Comme je l’ai mentionné plus haut, mon regret c’est d’avoir attendu longtemps en espérant qu’un miracle nous tombe dessus. Ce n’est pas arrivé. À la place, nos coeurs ont dérivé, nos chemins ont divergé.

Aujourd’hui, je suis une femme heureuse. Épanouie. Libérée. J’ai reconstitué une famille avec mes trois enfants. Il y a des jours où c’est plus difficile que d’autres. Comme dans n’importe quelle autre famille. Mais nous avons réussi grâce à notre résilience et à notre joie de vivre innée. J’aimerais être en couple, un jour. Ré-avoir la maison familiale dont je rêve. Mais je ne forcerai pas les choses. Ça arrivera quand ça arrivera. Entre temps, je savoure ma nouvelle vie. Je suis bien et comblée. Je m’épanouis au fil des jours. Je dis non à ce que je ne veux plus. Et je reçois à bras ouverts ce que je veux. Être bien avec soi est la première condition pour être bien avec une autre personne. Je ne prends plus rien pour acquis. Je suis consciente que le bonheur est fragile. Donc je vis à fond les petits moments de bonheur que la vie m’offre en cadeau.

C’est le choix que j’ai fait : me choisir. J’ai choisi aussi d’être heureuse en adoptant une attitude de gratitude. C’est reconnu que les personnes reconnaissantes sont des personnes plus heureuses.

« Quand je suis inquiet et que je n’arrive pas à dormir, je compte mes bénédictions au lieu de compter les moutons, et je m’endors en comptant mes bénédictions. » Irvin Berlin

https://youtu.be/n43T56Z01Mk

Mon journal de gratitudes #13

Malgré le syndrôme de la page blanche dont je souffre depuis quelque temps, j’enchaine avec mon journal de gratitudes qui est une station importante pour moi à tous les dimanches.

Il y a toujours de quoi être reconnaissant et ce quelque soit les circonstances qu’on vit pendant la semaine. Dans mon cas, j’ai de la fatigue accumulée. Je suis toujours dans la course contre le temps. Toujours en décalage horaire que je n’arrive pas à rattraper. J’aimerais pouvoir le mettre en pause question de me synchroniser avec. De remettre mes « pendules » à l’heure tant qu’à faire.

Mon cycle de sommeil me fait des caprices donc ça n’aide pas beaucoup ma cause. Sinon, le coeur et le moral vont bien. Le coeur en paix. Le moral haut comme toujours malgré tout.

La semaine finit sur une belle note : Un jour particulier sous le signe de l’amour. La fête des mères. Je profite pour souhaiter bonne fête à toutes les femmes qui sont profondément mères dans leur corps, dans leur coeur et dans leur âme. À celles qui rêvent de le devenir malgré que la nature fait des siens. À celles qui attendent leur premier enfant pour le vivre. À celles qui ont perdu un enfant. À ceux qui ont perdu leur mère. À toutes les mères d’ici et de l’au-delà!

Aujourd’hui, je dis merci à la vie pour :

  • La merveilleuse mère que j’ai. Son amour inconditionnel, sa gentillesse, sa générosité, son intelligence et son soutien continuel. Elle est le modèle de la femme affranchie, cultivée, éduquée avec beaucoup de belles valeurs. C’est le modèle que j’ai eu dans ma vie. Je te souhaite une magnifique fête des mères, maman et merci pour tout ce que tu as fait et continues à faire pour nous tous. Je t’aime!
  • Mes enfants qui grâce à eux, j’ai goûté aux joies de la maternité. Je suis chanceuse de les avoir et d’être leur maman. Ils m’apprennent sur la vie et sur le don de soi au quotidien. Ils embellissent ma vie simplement.
  • Les nouvelles que j’ai eues pour mon poste au travail. Il y a moins d’un an, j’ai quitté un poste permanent pour aller sur un poste offrant un contrat d’un an. J’ai pris un risque mais je devais le faire. Je n’étais plus heureuse et il n’y avait aucune opportunité d’avancement de carrière. L’ambiance de travail était aussi devenue malsaine. Bref, j’avais besoin de ce changement majeur dans ma vie. J’ai fait le saut dans le vide (moi qui suis devenue experte en la matière hihihi). J’ai fait aussi confiance à la vie (et aux personnes). Lundi, j’ai reçu la confirmation officielle de nomination sur le poste. Bye bye les contrats. Je suis soulagée et heureuse. Une fois de plus, ma petite voix m’a bien guidée et la vie m’a gâtée.
  • Le road trip avec mes enfants hier. Nous sommes allés à la découverte du pays de mon conteur préféré, le magicien des mots, Fred Pellerin. Le village « des lutins et des paparmanes ». Nous avons eu pour notre argent. Saint-Elie-de-Caxton est un beau petit village dans la Mauricie et ses habitants sont des gens accueillants et joyeux. J’ai eu la chance de jaser avec plusieurs lors de notre promenade à pieds. La boulangère du village est particulièrement gentille et enjouée. le pain était délicieux. Elle m’a souhaité de déménager dans son village. Bref, j’ai adoré la visite.
  • Tout ce que j’ai. Toutes les bonnes personnes qui croisent mon chemin et m’offrent une partie de leur coeur et restent dans ma vie. Toutes celles qui choisissent de poursuivre leur chemin sans moi, c’est sûrement pour mon bien.
  • La journée qui s’annonce belle et ensoleillée.
  • La joie de vivre qui emplit mon coeur depuis quelques mois.
  • L’échange avec vous (même si je suis moins présente depuis une semaine. Je serai de retour sous peu pour vous lire et commenter vos textes).
    Sur ce, je vous souhaite un beau dimanche ainsi qu’une belle semaine. Soyez heureux et surtout reconnaissants pour tout ce que la vie vous a offert.

https://youtu.be/EERo-XxSX5s

Mon fils…

Inspirée de la belle rencontre avec mon garçon de 5 ans à l’épicerie, pendant sa semaine avec son père, voici ce que j’ai composé ce soir :

“L’echo de sa voix je l’ai ressentie
Avec mon instinct maternel averti
Avant même qu’il ne m’appelle
J’ai entendu ses consonnes et ses voyelles.
Maman, il a juste crié
Et tout mon être il a chamboulé.
En 5 jours, il a grandi et embelli,
Mais son sourire enfantin toujours si doux, si joli!
Avec ses petits bras, il m’a serrée,
Contre mon cœur, je voulais le garder.
La vie nous met souvent à l’épreuve,
Et de fausses promesses, nous abreuvent.
Rester fort est le seul choix,
Même si on veut baisser les bras, des fois.
L’amour finit par triompher,
Et pour ses “zamours”, on est prêts à tout recommencer…
Oublier, pardonner et effacer,
Pour les voir heureux et satisfaits.
Ce soir, mon cœur de maman s’ennuie,
Mais le bonheur des retrouvailles me réjouit.
Mes enfants sont ma vraie joie
Et pour moi, c’est ma religion, même ma foi!”

Mon journal de gratitudes #12

Trois mois déjà! Semaine après semaine, je ressens l’énérgie positive de la gratitude entourant mon quotidien. Je n’attends plus dimanche pour fouiller dans ma mémoire afin de sortir tous les beaux moments qui m’ont procuré du bonheur durant la semaine.

À chaque jour, désormais, et au moment où je vis quelque chose qui me fait du bien, je remercie la vie instantanément. Je n’attends plus de le faire une fois par semaine. La prise de conscience au même moment est la preuve d’un pas vers l’avant dans le processus de cheminement.

La semaine, grosso modo, était un brin difficile. Une apparition est venue perturber ma paix intérieure et m’ébranler au plus profond de moi pour me laisser après avec plein de questions sans réponses. Je me suis mise en mode urgence pour rétablir ma paix et placer les choses dans ma tête où doivent être placées. Je me suis choisie très rapidement en refusant d’être entraînée par une haute vague et couler au fond de la tourmente. Donc dossier réglé et classé dans les archives. Point. Et que je suis fière de moi. Mon combat intérieur a duré le temps de 24 h. Mais j’en suis sortie encore plus convaincue de ce que je veux et de ce que je ne veux PLUS dans ma vie!

Il est temps de passer à la reconnaissance pour tous ces belles petites choses vécues cette semaine. Je remercie la vie pour :

  • M’avoir permis encore une fois d’être avec mes enfants et avoir du temps de qualité avec eux. Leur donner de l’amour et en recevoir d’eux.
  • Comme toujours le soutien de mes co-équipiers au boulot. C’est précieux lorsque l’harmonie règne au sein de l’équipe.
  • Plusieurs sorties entre collègues qui sont devenus des amis. Les côtoyer me rend heureuse.
  • Les commentaires que je reçois comme de la pluie sur mes dernières publications. Je n’en reviens pas. Merci aussi à vous tous de me lire, me commenter et d’échanger le fond de votre pensée avec moi.
  • Pour Maud, même si présentement on est un peu loin à cause des circonstances de vie de chacune de nous, qui m’a soutenue durant mon mini combat intérieur de cette semaine.
  • Cette belle semaine de tournoi de hockey du ministère (L’environnement) pour lequel je travaille. Des moments de plaisirs avec mes collègues dans un contexte différent. Le souper au bar hier après les matchs de la journée était rassembleur, bruyant, joyeux et débordant d’adrénaline (et de testostérone mais shuttt j’espère qu’ils ne liront pas ce journal🙈😂😇).

Voilà le bilan de la semaine. Je vous souhaite un bon début de semaine et n’oubliez pas de prendre un moment pour remercier la vie.

Et en mémoire de DJ Avicii et pour tout ce que cette chanson représente pour moi :

https://youtu.be/IcrbM1l_BoI

Les départs et moi…

La vie est comme une grande salle d’attente dans une station de train. Tu y croises plein de personnes qui attendent leur voyage. Des fois, tu as le temps de les apprivoiser. De les connaitre un petit peu plus. Ou de bien les connaitre. Et tu t’y accroches un peu. Trop même, des fois. Mais vient le temps de les voir partir avec leur valise remplie de souvenirs de tous ces passages, de tous ces voyageurs croisés pendant leur attente à la gare.

Ta valise aussi se remplit. Chacune de ses personnes te laisse une partie d’elle et emporte avec elle une partie de toi. Les morceaux de ton cœur finissent par être éparpillés aux quatre coins du globe. Et bienvenue à la nostalgie de ces moments révolus à jamais qui t’ont empli d’une gamme d’émotions qui te marquent longtemps..

J’ai toujours eu, au cours de ma vie, de la difficulté à gérer les moments de départ. Particulièrement celui de ceux avec qui j’ai tissé un lien, quelqu’il soit petit. Personne ne passe inaperçu ou insignifiant dans ma vie. Chacun a une place bien à lui et qui n’est pas remplaçable.

D’autres pourront venir, jouer un autre rôle, laisser leur marque mais personne ne prend la place de personne.

J’essaie de remonter dans le temps pour comprendre pourquoi je suis si troublée par les départs. Je n’arrive pas à trouver la cause. Je suis née et j’ai vécu dans une famille stable, fonctionnelle et très soudée. En tant qu’enfant, je n’ai jamais été délaissée par un adulte. J’ai toujours été bien entourée par la grande famille aussi. Les oncles, les tantes, les cousins, les cousines, les grands-parents et même les voisins! C’est pour dire que je ne connais pas l’origine de ce trouble-là. Étais-je délaissée dans une ancienne vie? Je crois au voyage de l’âme donc tout est possible comme hypothèse. Un jour, je laisserai l’hypnose me donner une réponse quant au début. Peut-être je comprendrais un jour ma « géographie sentimentale » qui définit le périmètre de mon monde émotionnel assez complexe.

Les départs me perturbent. C’est plus qu’un fait. Je fuis le moment fatidique comme on fuit la peste. Ça réveille en moi des peurs et des appréhensions que je ne comprends pas.

Et pour moi, il doit y avoir un rituel. Idéalement une carte sur laquelle je déverse mon cœur au complet, accompagnée d’un cadeau de départ “coup de cœur” qui s’accorde avec la personnalité et les intérêts de la personne. Je mijote longtemps l’idée du cadeau et pendant ce temps, c’est toutes mes émotions qui me chambardent.

Toujours, dans ces moments troublants, les mots du renard, que le Petit Prince a apprivoisé, me reviennent à l’esprit, “tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé!”. Ça résume tout ce que j’essaie de livrer comme message dans ce texte.

Chacun d’entre nous exprime ce qu’il ressent à sa manière selon sa personnalité, son histoire et ses expériences de vie. Certains tournent la page et passent à autre chose. Ils disent au revoir de loin à la personne qui embarque dans le wagon pour entreprendre un nouveau voyage, vers une nouvelle destination puis continuent leur vie. D’autres, comme moi, restent debout sur le quai, à regarder le train disparaitre, emportant une partie d’eux dans la valise et en laissant libre cours à ses larmes. Une façon de se purifier de la douleur du détachement.

Malgré tout ce que je peux vivre d’éprouvant, je suis consciente que la vie nous offre le bonheur de nouvelles “trouvailles” ou connaissances pour contrebalancer nos “pertes”. Chaque personne qui continue son voyage sans nous avait quelque chose à nous apprendre. Il poursuit après son chemin car son mandat est venu à échéance.

Chaque rencontre est un rendez-vous du destin. Personne ne croise notre passage sur terre par coincidence. Un jour ou l’autre, on saura pourquoi. Entre temps, j’apprends à apprivoiser ceux qui restent et à apprécier chaque moment passé avec eux sans trop m’attarder sur ce que je ne peux pas contrôler. J’apprends également à me détacher en douceur de ceux qui partent vers une nouvelle destination en gardant en moi le souvenir des beaux moments vécus auprès d’eux. À lâcher prise tout simplement…

C’est ça la vie. Une grande station de train. Les “bonjour” et les “au revoir” en font et en feront toujours partie. Les émotions qui bouleversent de fond en comble aussi…