Mois : mars 2018

Mon journal de gratitudes #3

Voici mon troisième journal de gratitudes. Une autre semaine avec ses hauts et ses bas. Ses moments de pur bonheur et ses moments moins faciles.

Ça fait partie de la vie. En fait, c’est ça la vie avec son goût aigre-doux.

L’important c’est de ne pas laisser tomber lorsque ça va moins bien et d’entretenir lorsque ça va bien. J’apprends toujours à me connaitre un peu plus, un jour à la fois.

J’ai réalisé que je peux être une excellente coach de vie, toujours prête et disponible à fournir des conseils en ce qui concerne les relations amoureuses. Sauf que je ne suis pas habile à les appliquer dans ma vie personnelle. Je suis même pathétique mais sans aucune mauvaise foi. Je manque aussi de patience car je veux que les choses m’arrivent rapidement. C’est ça le hic!

Ben au moins je le reconnais donc il reste à travailler sur cet aspect moins “fort” de ma personnalité. Et communiquer encore et encore au lieu de vouloir prendre la fuite…ou se cacher en-dessous de mon lit.

«Vivre dans la revendication constante de son bonheur, revient à être victime de ses attentes… Accueillir toute situation comme occasion de se transformer, c’est grandir véritablement. » Yvan Amar

Alors voilà pourquoi je suis reconnaissante à la vie :

• J’ai eu de bonnes nouvelles concernant mon poste à la job.

• L’inspiration est au rendez-vous donc je suis en mode écriture et un autre de mes textes Prendre soin de son cœur a été publié par le Huffington Post Québec (ça fait 6 ou 7 textes au total publiés et partagés à grande échelle).

• La fille au Tim Horton de mon coin me prépare mon café latté habituel aussitôt qu’elle me voit entrer sans même à le lui demander. Son attention à se rappeler de mon choix me touche beaucoup. Je vais glisser un mot à son chef d’équipe demain matin. Elle mérite une tape dans le dos.

• Mes trois amours sont venus vendredi soir et ils seront avec moi pour une semaine. Toujours du plaisir, des fous rires, de la complicité et des “j’t’aime” furtifs mais comblants.

• Mon amitié avec Maud. J’ai découvert en elle une âme sœur. Je viendrai te rendre visite ma belle quand tu seras prête de me recevoir dans ton coin de pays. Tu es la bienvenue chez moi aussi!

• J’ai eu droit à des moments de douceur et de félicité qui m’ont fait beaucoup de bien au cœur et à l’âme.

• Toujours reconnaissante pour le toit au-dessus de ma tête, la bouffe sur ma table et la chaleur dans ma demeure. Ce n’est pas à prendre pour acquis!

Entre les non-dits et les dits-de-trop…

Dans ma vie, j’ai soit trop dit ou pas assez dit. Et dans les deux cas, j’ai fini par perdre. J’ai perdu des personnes car j’ai trop dit. Mais aussi d’autres car je n’ai pas assez dit pour les retenir.

Il y a des fois où je me suis barricadée dans un silence impénétrable en regardant l’autre tourner le dos et quitter. Ce n’était pas par caprice. Mais plutôt par peur d’avoir mal, par manque de confiance, pour des raisons que je ne connais pas…Les non-dits deviennent notre ennemi suprême.

Dans une ancienne vie, le silence était mon refuge, ma zone de confort, mon lieu de culte. Je n’avais pas à me justifier ou à m’expliquer car ça ne donnait rien de le faire. Ça blessait plus que toute autre chose. Je n’avais même pas à m’exprimer sur ce qui mijotait à l’intérieur de moi. Ça ne donnait rien non plus. Donc, j’ai développé le réflexe de me taire quand je me sentais en danger (émotionnel ou psychologique).

Par contre, la médaille avait son côté sombre. Avec le temps, j’ai perdu mon droit à la parole et à l’expression. J’ai perdu sur toute la ligne car je voyais passer des choses devant moi et je ne disais plus rien. Je perdais beaucoup de mes droits au quotidien. On prenait mon silence pour un oui non formulé officiellement. Mais il reste un OUI car il n’y avait pas de NON. Plus tard, j’ai perdu des personnes car je n’ai rien dit pour les garder alors que j’avais beaucoup à leur dire.

Le jour où je suis sortie du silence, on m’avait regardée de travers. J’étais devenue à leurs yeux une extra-terrestre, une ingrate, un mouton noir…je ne peux pas dire que ça m’a trop affectée. Je ne me suis pas tue ben ben depuis!!! Bref, un détail…

D’autre part, les mots dits en trop sont comme le couteau à double tranchant. Je pensais qu’en tout dévoilant, en étant transparente et “nue”, je pouvais créer des liens de confiance avec l’autre.

Malheureusement, ce n’est pas le cas. De un, en disant trop, ça me mettait en position de devoir me justifier tout le temps. De deux, je fournissais sans le savoir, sur un plateau d’argent, mes faiblesses et mes points vulnérables. Ça servait comme outil à l’autre pour m’atteindre.

Ce n’est pas toujours le cas. Les personnes sont différentes l’une de l’autre. Mais grosso modo, c’est la topo de la situation!

Depuis que j’ai entamé un processus de cheminement personnel, il y a deux ans, j’essaie de balancer entre ces deux extrêmes. Choisir mes mots, d’un côté et ne plus rester dans le silence, de l’autre. Trouver le parfait équilibre entre les non-dits et les dits-de-trop.

On est faits de toute notre histoire. On est la somme de nos expériences, de nos déceptions, de nos réussites, de nos tristesses, de nos joies, de nos ambitions, de nos rêves, de nos blessures….

Les résidus qui restent ne veulent pas dire qu’on n’est pas guéris. Ils veulent seulement dire qu’on a maturé et on ne veut plus souffrir. On est devenus plus sages. Plus réfléchis (bon, ce n’est pas toujours vrai!! Des fois…). Plus vigilants.

Ça me blesse d’entendre que si j’ai peur ou j’hésite vis-à-vis de l’amour et des relations, c’est parce que mon passé n’est pas réglé. Que je ne suis pas guérie. C’est si facile à dire. À émettre des hypothèses. Des préjugés. Je ne suis plus celle qui était il y a deux ans. Mes blessures m’ont apprises à écouter cette petite voix dans le ventre, qui connait tout. Avant, je l’ignorais. Et quand je butais à un mur, je me disais, pendant que je ramassais les morceaux de mon cœur brisé et j’essuyais mes larmes brûlantes, qu’il fallait l’écouter…Là, je l’écoute plus souvent. Tout simplement. Et c’est très sain…

« La peur de l’inconnu, la peur de l’imprévisible, la peur de ne pas savoir, de ne pas être aimé, d’être abandonné tenaille la plupart d’entre nous et nous entraîne le plus souvent à des conduites défensives, oppressives ou agressives. Mais si nous nous rappelons que la grande fonction des peurs est de cacher les désirs, nous pouvons alors tenter de retrouver le désir qu’il y a derrière chaque peur et de dynamiser autrement notre vie. Un changement vital sera de réaliser ce pivotement intime, de découvrir qu’être et rester dans la peur, c’est se paralyser ou déclencher une fuite en avant, et qu’être dans une dynamique du désir, c’est être dans une énergie expansive, un mouvement vers l’autre, vers la vie, vers l’infini de l’horizon. » Jacques Salomé

Puis c’est comme ça…

On m’a conseillé de ne pas trop m’exposer. De ne pas me mettre autant à nu car ça compromet tout début d’une « relation ». Ça met en danger mon image.

Mon point de vue est différent. Si parler en toute transparence, si être authentique et vraie compromet. Je suis partante. Je n’ai pas peur de m’exposer, encore moins d’être moi-même, sans filtre, sans voile. Notre monde est devenu trop fake, trop apparences. On veut bien paraître. On veut montrer une vie parfaite. Le couple parfait. Les enfants parfaits….alors qu’en vraie vie, on est loin de l’être!

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Il y a des jours plus difficiles que d’autres où l’on a l’impression de reculer au lieu d’aller de l’avant. Encore pire. Il me semble que tous les mini pas faits vers l’avant n’ont servi à rien. Peine perdue. Je retourne à la case départ, à la première marche de l’échelle.

Ce soir, l’envie de jouer à la femme forte et invincible ne me tente vraiment pas. Les fantômes du passé me hantent à nouveau. Le doute regagne mon cœur fragilisé par la douleur que la vie m’a imposée contre mon gré. Je n’ai pas l’énérgie non plus de me battre contre mes peurs et mes appréhensions. Je les laisse gagner du terrain cette fois-ci.

Ce que j’aimerais, ce soir, un câlin rempli de tendresse. Une caresse effaçant ma tristesse et apaisant mon angoisse et mes doutes. Un regard affectueux me ramenant en douceur au moment présent. Je ne veux pas me perdre dans ma tête mais plutôt me retrouver dans mon cœur.

Le manque de sommeil et la fatigue n’aident pas ma cause. Mille et une pensées mijotent la nuit à l’intérieur de mon cerveau et font jaillir une gamme d’émotions me laissant perplexe face aux questions existentielles de la vie. Ma vie. Pourquoi la nuit? Putain, pourquoi?!

Je commence à apprécier ma vie de célibataire. Le calme, le prévisible qui viennent avec. J’ose croire que c’est l’âge. Les premiers signes de vieillissement? Aucune espèce d’idée!

Et pourtant, je ne suis pas prête à renoncer à mon cœur bohémien. Un peu fou. Un peu indépendant. Trop saumon, aux gênes sauvages. Mon coeur qui veut aimer et être aimé…

Je suis faite pour ressentir les vagues qui agitent mon âme. De sentir tout mon être vibrer de vie. Mais c’est quoi ce qui me prend ce soir de vouloir tout lâcher et m’enfermer dans ma petite bulle réconfortante? Rassure-moi, s’il te plaît, dis-moi que tu tiens, un peu à moi. Juste un peu. Ça fracassera ma bulle et me ramenera à toi!

La nuit dernière, j’ai fait à nouveau le même rêve. Je suis laissée dans un endroit qui m’est inconnu et ce visage familier qui me laisse seule et ne se retourne pas à mes appels. Je me suis réveillée avec un sentiment d’abandon et d’extrême solitude. C’était étouffant!

J’ai traîné ce feeling toute la journée avec moi. Je me suis forcée à garder mon sourire habituel et mon air désinvolte, léger, joyeux.

Contre marées et vents, j’ai réussi à passer à travers la journée. Mais le coup de barre je l’ai ressenti en débarrant la porte d’entrée, chez nous. De toute évidence, mon système me parle. Il faut que je pense plus à moi et à mes besoins. Demain, c’est un nouveau jour. Une nouvelle naissance. Un nouveau départ.

Et comme ma confidente et mon amie d’outre-mer me répète souvent, la nuit porte conseil. Couche-toi et ne pense à rien….

« Ne me dites pas de ne pas pleurer. De me calmer. D’être moins excessive. D’être raisonnable. Je suis une créature émotionnelle. C’est ainsi que la terre a été créée. Que le vent continue à polliniser. On ne dit pas à l’océan Atlantique de se contrôler. » EVE ENSLER

https://youtu.be/ItXN84SLxMA