Mois : février 2018

Délires de nuit

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L’envie de me vider le cerveau et le cœur de tout ce qui y trotte est toujours omniprésente en force.
De déverser sur un bout de papier mon fiel ou ma joie.
Un besoin primordial dans ma vie.
Cependant, je souffre d’un blocage émotionnel frustrant depuis quelques jours. Les mots sont prisoniers de ma gorge et me pèsent sur la poitrine.
Même dans les temps les plus durs, ce n’était pas pareil. Une coquille est entrain de se construire.
Mon besoin de survie a décidé d’embarquer afin de protéger ce qui reste fonctionnel de mon cœur.
Cette idée me trouble profondément. Je commence à réaliser que je m’endurcis : une célibataire endurcie!!!
Ça me fiche ROYALEMENT la trouille.

Je le vois clairement. Je peux désormais tourner la page aussi rapidement que l’ouvrir.
Ces derniers jours, j’ai tenté de prendre du recul pour sonder mon cœur. Pour essayer de comprendre cette nouvelle attitude de ‘nonchalance’ à la puissance 110 ou 220 et de lâcher prise à la vitesse de la lumière.
Le mot d’ordre est « DÉCEPTIONS » avec le ‘s’ du pluriel. Les déceptions nous gèlent les émotions et nous rendent indifférents, plus froids, plus refermés sur nous-mêmes.

Dire au revoir devient aussi banal que n’importe quoi.
On se regarde dans le miroir et on se demande où est passé l’étincelle qui illuminait notre regard devenu terne et fade avec le temps…et les déceptions.

Non et mille fois non!!!
Je ne pourrai jamais permettre à cette froideur de pénétrer dans l’intimité de mon être au point de me rendre amère et presque métallique.

Je prêche l’amour sur les tous les autels. Je m’abreuve d’amour au quotidien.
Comment pourrais-je alors devenir un être aigri de la vie? Déçue, oui et beaucoup, aigrie, non jamais!!!

Ça m’arrive de perdre les pédales à cause de tous ces visages oubliés qui ont laissé leurs empreintes profondément incrustées dans mon âme.
Lorsqu’on tombe en amour, on abat les barrières et on dépose nos défenses. ‘Nous laissons entrer, au coeur de ce que nous avons de plus vulnérable en nous, l’imprévisible de l’autre’.

« Il n’y a rien de plus important en Amour que d’accepter la fragilité de l’autre : c’est ce que j’appelle la Douceur. Et rien de plus important dans la Sagesse, que d’accepter sa propre fragilité, c’est ce qu’on appelle l’Humilité. »
André Comte-Sponville

Je ne vivrais plus dans la revendication du bonheur. Je le laisse venir à moi tout en cheminant dans la vie.
En s’ouvrant à tout ce que la vie a à m’offrir. Tout sert de leçon. On apprend à se connaitre et à savoir ce qu’on veut.
J’ai longtemps eu des attentes, d’où mes déceptions. Désormais, je ne veux plus être victime de mes attentes. Simplement accueillir l’inattendu comme un cadeau, tout en étant reconnaissante.
Bon, fiou, là je peux m’endormir en paix après avoir fait le point avec moi-même.